Les figues de barbarie envahissent le marché

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Depuis plusieurs jours, les vendeurs de figues de barbarie envahissent le centre-ville de Aïn El Hammam, au grand bonheur des consommateurs qui en sont friands. Bien que les fruits de saison soient abondants, ceux du «cactus raquette» trouvent toujours preneurs à l’ex-Michelet dont la production locale est quasi nulle, cette année. Une opportunité saisie par de jeunes lycéens de Boubhir pour alimenter le marché bien qu’à des prix jugés «excessifs». À près de dix dinars la pièce (vingt cinq figues pour deux cents dinars), les amateurs de ce fruit originaire du Mexique n’en achètent qu’avec parcimonie alors, qu’habituellement, ils s’approvisionnent par caisses entières. Ce qui attire le plus l’attention, ce n’est pas les prix qu’on est habitués à voir grimper, mais c’est surtout ces vendeurs d’un très jeune âge qui tiennent boutique dans la rue, chaque jour de marché. En vacances scolaires, Ghilas et Amer, deux lycéens de Boubhir, nous confient qu’ils sont habitués à «passer leurs congés en vendant des figues de barbarie». À cinq heures trente du matin, ce mardi, bien avant que la ville ne se réveille, les jeunes marchands, une quinzaine environ, sont déjà installés au carrefour de la place. Alignés les uns à côté des autres, ils attendent, en papotant de tout et de rien, dans une ambiance fraternelle, sans animosité. Au contraire, ils s’entraident, se prêtant la monnaie ou se mettant à deux pour servir un client. «Nous sommes des amis de lycée», lance l’un d’eux. Pour acheminer leurs cageots, pleins à raz bord, ils s’entendent à plusieurs pour louer les services d’une camionnette de Boubhir à Michelet, à plus de vingt kilomètres de chez eux. Pour se réveiller de bonne heure, ces jeunes doivent certainement avoir une bonne raison. Ghiles nous explique qu’il procède à la cueillette et au lavage des fruits la veille du jour de marché. «Pour le moment, notre marchandise se vend bien. J’espère ramasser plus de huit millions de centimes, comme l’an dernier», ajoute-t-il. Ce qui lui permettra de préparer la rentrée scolaire sans avoir à grever le budget de ses parents, «comme chaque année», dit son voisin. Ils continueront ainsi jusqu’à la fin de la récolte des figues de barbarie pour laisser place aux marchands de figues fraîches, qui commencent déjà à murir.

A.O.T.

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