La canicule qui sévit dans la région depuis pratiquement plus d’un mois, n’est pas sans conséquences sur l’agriculture et notamment l’aviculture, laquelle en pâtit gravement. La montée implacable du mercure a mis, en effet, dans tous leurs états les aviculteurs de la vallée de la Soummam, où l’élevage du poulet jouit d’une importance capitale, eu égard aux bénéfices énormes qu’il procure à tous les niveaux de la production. Toutefois, comme les poulets sont très sensibles à la chaleur, il en résulte des taux de mortalité importants parmi ce cheptel avicole. Là les aviculteurs travaillent vraiment à perte. Les poulaillers -surtout ceux construits de manière artisanale- en conséquence à cette chaleur accablante qui perdure encore, se transforment en véritables « saunas » pour des milliers de poules, nonobstant les systèmes d’aération qui, parfois, s’avèrent insuffisants devant des températures de fournaise! Et c’est le branle-bas de combat chez les éleveurs, qui scrutent complètement paniqués leur cheptel, lequel demeure comme suspendu à l’épée de Damoclès avec la chaleur ambiante. Cette situation intenable pour ces producteurs se répercute négativement sur leur activité et bon nombre d’entre eux se voient obligés de fourguer carrément leur cheptel que de le voir périr sans en récupérer au moins leur pactole d’investissement. C’est ce qui explique, d’ailleurs, la chute vertigineuse des prix du poulet vivant ces jours-ci, ce qui laisse entendre que les aviculteurs sont vraiment sous l’emprise de la hantise de voir leur cheptel mortellement « étranglé » par la canicule. Le marché avicole de la région a enregistré dernièrement, une véritable « déprime ». L’on se souvient, il n’y a pas plus tard que le mois de Ramadhan passé du prix moyen du poulet vivant, le plus prisé par les ménages d’ailleurs du fait de son accessibilité aux bourses faibles et moyennes, lequel était de 260 DA/kg. Aujourd’hui, avec toute cette chaleur suffocante qui s’est « déteint » sur la région du Nord, le prix du poulet vivant a chuté jusqu’à 160 DA/kg ! Soit une diminution de 100 DA/kg en un mois. Pour leur part, les œufs ont, également, emboîté le pas à la courbe descendante des prix du poulet en passant de 300 DA le plateau de 30 œufs à 250 DA. Il en résulte, à la lumière de cela, que l’aviculture demeure une filière agricole « fragile », et surtout dépendante des conditions climatiques, contre lesquelles les éleveurs ne savent pas trop quoi faire, sinon fourguer, complètement, leur cheptel en attendant des jours meilleurs !
Syphax Y.

