Des centres de santé fermés et d'autres au ralenti

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Comparativement aux villes, les zones rurales et semi-rurales de la wilaya de Boumerdès demeurent défavorisées en matière de prise en charge sanitaire. Et personne ne peut nier, là cet état de fait au vu de l’insuffisance des infrastructures de santé et du manque criant du personnel médical et paramédical. Dans différentes circonscriptions de ce département, les dispensaires ou centres de santé des douars sont soit fermés, soit squattés, soit reconvertis en structures annexes de sécurité quand ils ne souffrent pas du manque de moyens humains et matériels.

Les habitants de Chabet El Ameur se demandent par exemple, à juste titre, pourquoi aucun responsable n’est venu s’enquérir de la situation sanitaire dans leur contrée ? Alors que la prise en charge est insuffisante au niveau de la polyclinique du chef-lieu communal, les centres de santé des douars avoisinants sont eux, pour la plupart, à l’arrêt. C’est la plainte récurrente de ces villageois. Construite il y a presque trois ans, la salle des soins du village d’Ath Saïd n’est pas encore réceptionnée, en dépit de la promesse du maire de la mettre en service dans les plus brefs délais.

Au douar voisin de Amara Sefla par contre, le dispensaire fermé en 1992, suite à son cambriolage et saccage par des terroristes, n’a pas encore rouvert ses portes. Au douar d’Ath Boudoukhane, les habitants sont confrontés au même problème, suite à la fermeture de leur dispensaire également pour des causes sécuritaires, depuis une vingtaine d’années. Dans la décennie noire, pas moins de deux autres salles des soins, proches des agglomérations de Matoussa, ont été elles, concédées à des détachements locaux de l’ANP et à la police communale. Rattachée à la commune voisine des Issers, la salle de soins d’Ighoumrassène a été fermée en 1999 pour motif sécuritaire, puis squattée quelques années plus tard par un villageois.

Même cas pour celle de Bouchakour, toujours aux Issers. Le dispensaire du village agricole Aomar, proche de Bordj Ménaïel, est lui par contre en mauvais état et les habitants attendent impatiemment sa réfection. «Plus loin, vers l’Est, la situation n’est guerre reluisante en matière de santé de la population. Fermé depuis plus d’une vingtaine d’années, le centre de santé des villages de Mazer et d’El Koudiat n’a pas été remis en fonction. Les habitants de ces deux grandes agglomérations doivent alors, pour une simple injection, se rendre jusqu’à la polyclinique de Taourga. Le service de maternité de celle-ci est, cependant, fermé ces jours-ci pour cause de manque de personnel paramédical», a-t-on signalé.

«Aucune des quatre sages-femmes de cette structure sanitaire n’est en activité depuis une semaine», a-t-on précisé sur un ton d’indignation. Deux d’entre elles sont parties en retraite, la troisième est en congé alors que la quatrième ne vient qu’aléatoirement, puisqu’elle n’assure que les gardes. Les parturientes sont tenues, en pareille circonstance, de redoubler de prudence alors que les autres personnes, dans ce milieu rural, «n’ont pas le droit de tomber malade», pour reprendre l’expression populaire.

Salim Haddou

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