Balades, dominos et internet à Bouira

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Bouira, 8heures. Assommés par la canicule qui perdure jusqu’à tard dans la nuit, les Bouiris se réveillent difficilement pour se rendre au travail. En congé les veinards jouent les prolongations dans leurs lits et, pour les plus veinards encore, dans une atmosphère climatisée. Un semblant d’effervescence continue dans les rues, essentiellement commerçantes et aux environs du marché couvert, jusqu’aux environs de 10 heures. Puis, la ville est comme livrée à l’emprise caniculaire. Ne s’y aventure dehors que celui ou celle qui n’a d’autre choix.

Ce n’est qu’à partir de 16 heures, sans pour autant que la chaleur baisse considérablement, que la vie reprend vie à travers les artères de la ville. Passées les 18 heures, le bouillonnement reprend franchement. On sort du «terrier» à la recherche d’une hypothétique fraicheur que l’on ne retrouve hélas pas. Mais tout de même, on est loin, très loin, des 45 degrés à l’ombre. Instinctivement, ce sont les cafés maures qui sont pris d’assaut pour y siroter du «thé» et, surtout, toutes sortes de sodas et autres eux minérales fraiches. Dopé de rafraichissements, le Bouiri se lasse du café maure pour aller voir ailleurs, histoire d’aller au-delà de se rafraichir : se détendre. Mais où aller ? Les chérubins, eux, ont la chance d’avoir un espace idéal où ils peuvent donner libre court à leurs «amusements».

Il s’agit de la maison de l’environnement implantée quasiment au centre-ville et occupant un espace considérable et sécurisé. Manèges et autres toboggans font le bonheur des enfants. Seulement, ils n’en profitent pas trop, puisque la journée est livrée à la chaleur, et la soirée, ils ne veillent pas au-delà des 22 heures. C’est dire qu’ils ne bénéficient des prestations de la maison de l’environnement que de bonnes heures. Mais c’est déjà pas mal. Les adultes ne sont pas mieux lotis. Du côté de la Maison de la culture, pas grand-chose à espérer. Ils leur restent les balades nocturnes, exercice affectionné par beaucoup. C’est ainsi que les artères les mieux aérées sont longées par des familles jusqu’à une heure tardive. Ces balades sont bien évidemment entrecoupées de pause-glaces au niveau du boulevard Zighout Youcef.

En effet, le boulevard est pourvu de kiosques et terrasses où l’on y sert boissons et glaces. Par moment, et par effet d’illusion d’optique, on se croirait attablé sur un front de mer. D’autres préfèrent les cafés maures où ils s’y attablent autour d’un jeu de dominos jusqu’à très tard dans la nuit. D’autres amateurs de dominos ont leurs habitudes : ils s’installent dans le coin le plus aéré de leur quartier et s’alternent autour de la petite maïda. Thé et gâteries maison sont assurés. Les plus jeunes, eux, n’affectionnent pas tout particulièrement la balade ou encore moins les parties de dominos.

Ils préfèrent l’évasion virtuelle. Alors, ils s’oublient carrément dans les cybercafés. Ces derniers de mieux en mieux équipés et assurant surtout la climatisation, se présentent comme espace idéal pour aller voir ailleurs et à moindre frais. Ainsi, les soirées pour les Bouiris qui n’ont pas la chance et les moyens d’aller faire trompette, ne sont pas extraordinaires. Le triptyque balade-dominos-internet ceinture leurs nuits estivales. Mais de temps à autre, ils sont conviés à une fête de mariage où ils se laissent aller, cassant ainsi la monotonie nocturne.

S.O.A.

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