La plupart des villages de la commune de Aïn El Hammam souffrent des restrictions de l’eau, depuis le début de l’été. Les plus chanceux voient le précieux liquide couler de leurs robinets une fois tous les deux jours, alors que les autres doivent patienter plus. Le village d’Ouaghzen, à trois kilomètres à l’Ouest du chef-lieu, a vécu le calvaire, sans eau, durant une dizaine de jours.
Quelques jours auparavant, les habitants de Tillilit avaient fermé les bureaux de l’ADE pour réclamer un quota plus important. Il a fallu que le chef de daïra intervienne personnellement pour ramener à la raison les contestataires qui ont finalement, consenti à libérer l’entrée des bureaux de l’organisme étatique, suite à des promesses de satisfaction de leurs revendications. Pour faire face à cette situation à laquelle ils sont habitués depuis des décennies, les montagnards se rabattent sur les vieilles fontaines qui reprennent du service chaque été.
Elles continuent à subvenir aux besoins les plus élémentaires des villageois qui y ont recours pour étancher leur soif. Chaque village en possède une pour l’alimentation de ses habitants. Ces derniers temps, les fontaines leur servent non seulement pour leur consommation mais aussi d’appoint pour remplacer l’eau du robinet lors de coupures ou d’insuffisance de débit. Dès que les premières chaleurs se sont faites sentir, les bons vieux jerricans remisés au fond du gourbi, refont leur apparition. Les citernes de toutes capacités, les baignoires et tout autre récipient susceptible de contenir quelques litres sont mis à contribution pour servir de réserve.
Le ballet de voitures transportant de l’eau attire l’attention des passants aux abords des points d’eau où on perçoit, également, des femmes, porter (encore) des bidons sur la tête. Les baudets, pliés sous la charge de plusieurs jerricans, ahanent sur la cote menant au village. En matière d’alimentation en eau potable, la région d’Aïn El Hammam est loin d’être sortie de l’auberge.
A. O. T.
