La rupture de la chaîne de froid et parfois l’absence même de cette dernière, ainsi que le non-respect des règles d’hygiène accentuent le spectre d’intoxication. Le verdict est sans appel chez les poissonniers activant dans le centre de Sidi-Aïch et dans les différents hameaux de la localité.
Dans la commune éponyme, les poissonniers continuent d’écouler leurs marchandises sans se préoccuper des conditions d’hygiène qui font défaut. L’étalage des caisses de poisson à l’air libre, sans prise en compte des commodités sanitaires, laisse perplexe le consommateur, souvent obnubilé par une qualité douteuse et casuelle.
Gisant par terre, ces caisses sont exposées à la poussière, aux différentes mouches qui s’ajoutent au décor, ce qui compromet davantage la santé du consommateur. Dans les périodes caniculaires, ce produit cessible est vulnérable aux pics de températures qu’affiche le mercure. De facto, le poisson se détériore et s’amoche vite sous l’effet de la chaleur, et en absence des moyens de conservation, les qualités nutritionnelles et gustatives du poisson ne sont guère de mise.
Un des consommateurs, que nous avons rencontré sur les lieux, est resté médusé face au prix exorbitant de la sardine, en dépit de sa mauvaise qualité (sous l’effet caniculaire), «le poisson est devenu tellement prisé qu’il faut le prescrire sur une ordonnance», ironise-t-il. Nonobstant l’accalmie que connait ces derniers jours le prix de la sardine oscillant entre 100 et 200 dinars le kilo, le citoyen lambda ne trouve pas son compte en consommant un produit loin de répondre aux normes d’hygiène.
Approché par nos soins, un jeune vendeur de poisson, rencontré dans une petite bourgade en train de détailler sa marchandise nous avance: «Je ne suis qu’un simple revendeur pour le compte d’un patron, et la vente du poisson a toujours été ainsi, sans glace ni chambre froide». Ce qui a attiré notre attention lors de l’entrevue, est le recours de ce jeune vendeur à l’arrosage des cagettes de poissons par de petites quantités d’eau, qui selon lui, font rafraîchir et revigorer le poisson, et en guise de remplacement de la glace censée couvrir les caisses, le jeune poissonnier fait recours au système D, à savoir des feuilles de journal mouillées.
Et comme, de coutume, il n’y a jamais une sans deux, la flambée des prix du poisson conjuguée avec l’absence de mécanisme de régulation, les spéculateurs règnent en maîtres, ce qui rend ce produit vivrier assez onéreux pour une bourse émaciée de la ménagère qui ne peut se permettre de l’acheter avec un modeste pécule. «Avec les prix élevés des produits de la mer, nous ne nous approchons même pas des poissonniers de crainte d’être pris par un malaise», ironise un père de famille. Durant de longs mois, le poisson a frôlé le prix du caviar si la tendance haussière des prix persiste. De facto, le poisson se détériore et s’avarie vite sous l’effet de la chaleur, et en l’absence des moyens de conservation. Bien qu’il n’ait pas trouvé en Algérie une structure physique très favorable à son essor, le secteur de la pêche reste le parent pauvre de l’économie algérienne.
Les produits halieutiques ne figurent nullement dans le menu du consommateur algérien. Et pour cause, la flambée des prix du poisson n’incite guère à garnir la table des ménages. Toutefois, les risques d’intoxication alimentaire sont récurrents au cours de toute l’année, mais durant la saison estivale, ils sont plus importants en raison des fortes chaleurs qui favorisent la prolifération des microbes. Le consommateur a de quoi se faire du mouron dans un environnement où les règles d’hygiène font défaut.
Par ailleurs, certaines mesures doivent prévaloir dans le cadre de la protection du consommateur algérien des produits de la pêche, notamment en période estivale. Les consommateurs sont tenus de prendre soin de consulter les caractéristiques de fraîcheur et les conditions de commercialisation des produits de la mer (poisson). Ce faisant, une batterie de conseils et de mesures préventives est de rigueur afin de préserver leur santé.
Parmi les mesures préconisées, le poisson doit être d’une odeur fraîche sans relents; la chair doit être ferme et élastique au toucher, la peau brillante, les écailles bien adhérentes et les branches doivent être brillantes et d’une couleur uniforme rouge. L’usage de papiers journal ou autre papier comme emballage est fortement déconseillé par les services agricoles de la wilaya. Dans le même ordre d’idées, les produits de la pêche doivent être couverts de glace finement broyée. Au demeurant, la vente ou l’achat de poisson sont formellement interdits au-delà de 10 h, excepté les établissements dotés de chambres froides.
Bachir Djaider

