La sécheresse qui perdure voilà des mois, a eu raison de plusieurs cours d’eau dans la wilaya de Béjaïa. Parmi eux, il y a l’oued Amarigh qui traverse plusieurs villages de la commune de Boudjellil, comme Metchik et Béni Mansour. Cette rivière, longue d’environ 50 Kms, se trouve, actuellement, presque à sec. Les eaux qui coulaient à flots, il y a quelques mois de ça, se sont évaporées sous l’effet d’une chaleur accablante, pour laisser paraître les eaux usées « vomies » par les différents réseaux d’assainissement qui débouchent directement en plein lit de l’oued!
À présent, c’est un filet d’eau glauque et pestilentielle qui serpente les méandres de l’Amarigh. Cette rivière, qui est l’un des affluents de l’oued Sahel et qui prend origine des contreforts des chaînes dentelées des Portes de fer (Les Bibans) dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj, donne une vue désolante avec tout le chaos ambiant. Aux eaux usées, s’ajoutent les ordures ménagères qui s’entassent en monticules un peu partout sur les berges et même en plein lit de ce cours d’eau. C’est dire que tout « concourt » à la pollution de l’Amarigh, qui ne mérite, certainement, pas ce sort! D’aucuns s’interrogent, à cet effet, sur ce bouleversement intervenant dans ce microclimat.
« Et si tout cet assèchement pour le moins abasourdissant de l’Amarigh, était dû au changement climatique? », s’interroge-t-on. Cependant, si l’on compare l’activité de l’oued Amarigh entre les années 1990 et aujourd’hui, on y trouve une grande différence. À cette époque, l’oued était presque pérenne, et les crues intervenaient en plein été même, contrairement à maintenant. Avec l’assèchement de la rivière de l’Amarigh, c’est tout un écosystème qui se trouve, plus que jamais, menacé par une pollution galopante aux déchets en tous genres et aux eaux usées. Ces rejets constituent, sans fausse note, un danger éminent sur l’environnement et la population, en ce sens que les forages sont situés à quelques kilomètres seulement en aval. Le spectre de la contamination de la nappe souterraine plane toujours, d’autant plus que celle-ci se trouve à quelques mètres seulement du sol à certains endroits, à en juger par la profondeur des puits aménagés dans les parages!
Syphax Y.
