Un monument pour les 34 martyrs d’Aït Ouatas

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Le village d’Aït Ouatas relevant de la commune d’Imsouhal, dans l’Arch des Ath Ittoura, à 70 kms au Sud-est du chef-lieude la wilaya de Tizi-Ouzou, n’était qu’un petit bourg, n’excédant pas les 200 habitants à l’indépendance.

Il a offert à la révolution (de novembre 1954-juillet 1962) pas moins de 34 chouhada, dont des adolescents ne dépassant pas les 16 ans, fauchés à la fleur de l’âge par les balles assassines de l’armée coloniale française.

Parmi ces 34 martyrs tombés au champ d’honneur afin de chasser le colonialisme français de notre pays, qu’il a occupé depuis 1830. Et selon des témoignages concordants des villageois ayant en tête le souvenir de cette date fatidique du mois d’août 1959, entre le 10 et le 15, qui a vu le village perdre quatorze de ses fils en moins de 24heures, pendant l’opération Jumelle aux alentours du village, dont deux martyrs au lieu dit «Tiharkatine», trois à Ichkrène, trois autres au lieu dit «El Melici».

Deux combattants capturés par les paras français furent abattus par ces derniers à «Tiguert Tekhamt et trois autres victimes de ce ratissage d’août 1959 furent abattues, dans une embuscade dressée par les soldats français à «Assiakh». L’autre martyr, Mohand Ouamar, atteint de cécité a été capturé puis conduit jusqu’au lieu dit «Tamazirt El Djamaï», où, il fut achevé le lendemain par balles, puis jeté dans un ravin, car il a «refusé de vendre ses compatriotes, malgré les promesses de soins qui lui ont été faites, par l’armée coloniale», raconta la veuve de ce dernier.

Aujourd’hui, suite à une proposition d’un fils de chahid, les familles de ces victimes, ascendants et descendants, ont décidé de bâtir un monument à la mémoire de ses glorieux martyrs par la contribution de 1 000.000,00 DA par famille pour prendre en charge, au moins dans un premier temps, le démarrage des travaux de ce site, ô combien symbolique pour la mémoire et l’histoire, notamment, pour les jeunes générations qui n’ont pas connu le parcours de leurs ainés qui leur ont ouvert les portes de la bravoure et de la gloire par leur sacrifice pour les causes justes.

Selon les témoignages concordants des villageois ayant survécu à cette guerre sans merci qui a couté plus 1,5 millions de martyrs à notre pays, en perte de vie humaines, rien que pour la daïra d’Iferhounène, pas moins de 1 600 Chouhadas ont sacrifié leurs vies pour l’indépendance de l’Algérie, et ce, sans compter le nombre de disparus, enterrés ailleurs à travers les quatre coins du pays. Sans oublier le nombre de blessés, de prisonniers, de personnes évacuées, de villages brûlés, de femmes torturées et violées et les nombreuses autres exactions commises par cette armée coloniale, sans loi ni foi, laissant ainsi des milliers de veuves et d’orphelins.

A. M.

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