Le Festival élevé au rang national et un musée pour Ath Hichem

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La sixième édition du Festival du tapis d’Ath Hichem a été ouverte hier dans une ambiance de fête, à la maison de la culture de Tizi-Ouzou, par M. Azzedine Mihoubi, ministre de la Culture qui a co-présidé la cérémonie du lancement avec Mme Aïcha Tagabou, ministre déléguée chargée de l'Artisanat.

Le Festival sera désormais «de rang national dès sa prochaine édition», à entendre par là la septième; «Ath Hichem, la localité aura son musée du Tapis», Et un hommage appuyé aux artistes kabyles de manière générale, dont Taleb Rabah auquel il annonçait qu’il ne repartait pas sur Alger avant de passer lui rendre visite chez lui, et en particulier à ces tisseuses grâce à qui «un tel art survit toujours». Ce sont là les trois grandes annonces du ministre de la Culture lors de son discours inaugural, avant de prononcer l’ouverture du Festival. Mihoubi sera chaleureusement applaudi. Il faut dire qu’il a usé d’une attitude et d’un discours très simples qui ont vite conquis les présents. D’emblée, il dira : «Si je suis là ce n’est pas seulement par ce que j’ai reçu une invitation, mais je partage une histoire avec ce tapis-là. J’en ai un chez moi. Plutôt, j’en avais un, car, entre temps, j’ai dû l’offrir à un invité étranger que je recevais chez moi». Le ministre raconte cela comme une anecdote mais qui porte toute une leçon de conscience… Il avoue qu’il avait été particulièrement gêné par la réplique de son convive qui avait du mal à admettre qu’un tel art ne soit pas mis suffisamment en valeur… «J’ai été déstabilisé mais ça m’a servi de motivation pour être aujourd’hui là», dira Mihoubi. Cela a suffi à la salle pour déduire la sincérité du ministre. Mais ce dernier ne s’arrêtera pas là. Il enchaînera avec des louanges marquantes pour la région. Une région «qui a enfanté près de 10% des hommes et des femmes de cultures et d’art algériens. Le milieu artistique et de la création c’est mon milieu à moi aussi. Et je me retrouve bien parmi vous. Je ne peux qu’aimer cette Kabylie, je me sens chez moi au naturel ici…», dira-t-il encore. Et de citer les El Hasnaoui, Akli Yahiaten (présent dans la salle), Aït Menguellet, Taleb Rabah, et surtout… Slimane Azem et Matoub Lounès. Il venait de frapper fort. Il faut peut-être signaler que ce n’est pas aussi courant que des officiels rendent hommage à certains de ces noms prononcés. Mihoubi l’aura fait, avec liberté et sans doute une bonne dose de franchise profonde. Il s’est presque oublié à disserter sur ses sentiments profonds pour la région, sa culture et ses femmes et hommes. «On ne peut concevoir la culture algérienne sans la culture amazighe, c’est une conviction chez moi», tranche-t-il. A un moment, on oublia même qu’il était là pour le tapis… Manquant un peu d’imagination, les organisateurs n’ont d’ailleurs pas eu la présence d’esprit de lui en remettre un, en plus du burnous qui lui a été remis en cadeau, histoire de lui remplacer celui qu’il avait offert à son convive. La ministre déléguée à l’Artisanat a dû aussi se contenter… d’un burnous. Pour revenir à la manifestation, à retenir que cette 6ème édition se poursuivra jusqu’au 26 du mois en cours, au niveau de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. Elle est placée sous le thème de « La promotion et du développement du tissage », le même slogan hérité de la précédente édition. Même l’affiche n’a d’ailleurs pas été changée. A peine si on a remplacé le chiffre 5 par le 6 (numéro de l’édition). Ce qui n’a pas manqué de soulever des interrogations parmi les visiteurs. L’interrogation demeure aussi totale sur la domiciliation future de ce Festival qui à l’origine était domicilié à Aït Yahia. Particulièrement après la promesse du ministre de le hisser au rand de Festival national dès la prochaine édition.

Djaffar C.

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