Le négoce parallèle, appelé par fausse pudibonderie marché informel, a la peau dure et le souffle long.
Le quidam qui fait une virée du côté de la ville d’Akbou et ses environs, ne sera que plus édifié sur la main basse faite par cette contrebande sur les espaces publics. Des éventaires obstruant les trottoirs, des camionnettes ouvrant leur bahut pour écouler leurs fruits et légumes à même la chaussée… «On est astreint d’user de manœuvres habiles pour se frayer un chemin et échapper à l’engorgement causé par ces squatters des rues», maugrée un citoyen résidant dans un vieux quartier de la ville. L’activité se fait à l’évidence inextirpable, bravant même la puissance publique, laquelle, en dépit du cadre législatif et réglementaire, ne semble pas emballée à user de son pouvoir régalien pour du moins la refréner, sinon l’éradiquer. «C’est la porte ouverte à l’anarchie, si l’on continue de laisser faire ces barons de l’informel qui non seulement ne versent pas un sou vaillant à l’Etat, mais mettent en péril la santé du consommateur», s’indigne le propriétaire d’un magasin. D’autres commerçants de la ville vitupèrent avant de capituler devant le fait accompli imposé par ces petits nababs accaparant rues, ruelles et cul-de-sac. «On ferme les yeux pour acheter un semblant de paix civile. C’est une conduite irresponsable et, à terme, suicidaire», s’emporte un commerçant de Guendouza, assujetti à l’imposition fiscale. Notre interlocuteur tient à «dénoncer fermement» ce qui relève à ses yeux, d’un modus vivendi entre les pouvoirs publics et les contrebandiers : «on ne peut pas faire un deal sur notre dos. On n’accepte pas d’être les dindons de la farce», fulmine ammi Saïd, dont la boutique est régulièrement cernée par des étals proposant une panoplie de cosmétiques, de lingerie et autres joyeusetés pour les bambins. L’interdiction de ce commerce illégal ne semble pas être à l’ordre du jour, loin s’en faut. Bien au contraire, on préfère les ménager, en les priant, tout juste, de céder le passage. Comme quoi, l’usage fini toujours par triompher de la loi.
N. Maouche

