Hier encore, des dizaines de citoyens résidant dans les localités voisines du marché de gros d’Akbou ont fermé la route donnant accès à ce marché pour protester contre la dégradation de leur cadre de vie.
Les protestataires, qui ont dressé sur la chaussée de cette route des barricades à l’aide de troncs d’arbres, pierres et autres objets hétéroclites, exigent des autorités locales une prise en charge concrète de leur plate-forme de revendications. Ils ont soulevé avec acuité l’état lamentable dans lequel se trouve le réseau routier desservant la région et la détérioration des réseaux d’assainissement des eaux usées. En outre, ces riverains, agacés par l’activité «intrusive» des grossistes qui trouble leur quiétude, réclament la fixation des heures d’ouverture et de fermeture de ces commerces. Par ailleurs, ces frondeurs, qui maintiennent leur action de protestation depuis mercredi dernier, revendiquent l’inscription d’une salle de soins en faveur de leur région. Pour sa part, l’APC d’Akbou a annoncé qu’une commission d’enquête a été dépêchée sur les lieux pour recenser les problèmes de ces habitants, tout en promettant de les régler progressivement. La priorité selon une source municipale, sera accordée au réseau d’assainissement des eaux usées, qui se trouve dans une situation calamiteuse. Notons que la fermeture de ce marché de gros, le deuxième au niveau de la wilaya, a provoqué des pénuries dans l’approvisionnement des détaillants en fruits et légumes. «Les commerçants sont en rupture de stocks. Les habitants de la vallée de la Soummam, d’Akbou jusqu’à Tazmalt, sont dans la tourmente et ne savent pas où remplir les couffins», nous a indiqué un citoyen d’Akbou.
Les conséquences de la fermeture notamment du marché de fruits et légumes, dans la commune d’Akbou, commencent à se faire sentir au niveau des points de ventes de différents coins de la ville de Piton, voire dans toute la région de la Soummam. Considéré à juste titre comme le plus grand dépôt de vente en gros de fruits et légumes dans la région, le marché de Bouizène, fermé depuis quatre jours par les habitants limitrophes, est inaccessible aux vendeurs en gros. «C’est un coup politique. Et là je me pose la question : Pourquoi a-t-on fermé le marché de gros pourtant très important pour l’approvisionnement de toute la région en marchandise ?», s’interroge M. Iskounène, P/APC d’Akbou par intérim, que nous avons contacté. Ce dernier ira loin en qualifiant cet acte de sabotage : «Nous avons pratiquement satisfait la majorité des revendications au demeurant légitimes. J’insiste en déclarant que la fermeture de ce marché n’est pas dans l’intérêt de la région», dira-t-il. Ainsi, d’autres commerçants, à l’image des tenanciers des supérettes et boutiques d’alimentation générale, appréhendent une grande pénurie notamment en denrées de première nécessité. «À cause de ce manque d’approvisionnement, mon stock de produits alimentaires est pratiquement épuisé. Nous craignons également la flambée soudaine des prix et notamment la propagation des marchés informels», estime un membre du bureau de l’association des commerçants d’Akbou qui n’hésite d’ailleurs pas à tirer la sonnette d’alarme. Des échos font état déjà d’une flambée des prix à Ighzer Amokrane et d’autres régions. Par ailleurs et suite à cette fermeture, les adjudicateurs auxquels ont été attribués les marchés de fruits et légumes ainsi que celui d’automobiles réclament, d’ores et déjà «un dégrèvement» auprès de la municipalité «c’est une perte considérable pour l’APC», fera remarquer le maire par intérim d’Akbou.
B. S. /Menad Chalal
