La location d’une salle des fêtes est devenue un créneau porteur et nombreux sont ceux qui investissent dans cette activité qui rapporte gros, du fait qu’elle tourne aux alentours de quatre mois dans l’année sans interruption aucune.
Les fêtes de mariage ont commencé cette année au mois de Mai, en raison du Ramadhan survenu aux mi Juin et Juillet. De par leur cadence, elles ne finiront qu’à la fin du mois de Septembre. Elles atteignent leur summum les mois de Juillet et Août. Dans la commune de Seddouk, il existe plusieurs salles des fêtes. Certaines ont leurs agréments et sont aménagées plus au moins suivant les normes, tenant compte du grand espace que nécessite une fête de mariage laquelle rassemble beaucoup de familles, de leur sécurité en ayant des portes de secours pour fuir le lieu en cas de danger et de leur confort comme l’existence de la climatisions, des sanitaires, de l’eau et des chaises appropriés. Ces salles des fêtes confortables facturent à des prix un peu cher allant de 60 à 70.000 dinars. Mais il existe aussi des salles des fêtes obsolètes créées dans des endroits insalubres lesquelles sont de simples cagibis que les familles modestes utilisent d’une part pour leur coût de location, moins cher qui varie entre 30.000 à 50.000 dinars. La plupart du temps ce sont des garages qui sont aménagés en la circonstance. Elles sont très exigües au point où elles contiennent que les femmes et les hommes trainent dehors à la merci de la poussière, du vent et du soleil. Elles ne sont pas équipées des commodités appropriées et elles ne présentent aucune sécurité pour les personnes de par l’absence des portes de secours. Si l’on s’en tient à cela, les moyens de réfrigération pour la conservation des aliments et viandes sont insuffisants quand ils existent et l’eau potable se fait rare, ce qui favorise la survenance des intoxications alimentaires collectives. Devant la demande qui dépasse l’offre durant ces deux mois des grandes vacances, les demandeurs se contentent de ce qu’ils trouvent de disponible ne regardant pas les prix pratiqués et les services proposés par les gérants, bons ou mauvais, pourvu que la fête ait lieu dans une salle, devenue une mode de nos jours. Mais pour certains, c’est l’exigüité de l’appartement en ville ou dans le village ne pouvant contenir tous les invités qui les oblige à recourir à la salle des fêtes. Certaines familles aisées, cherchant le confort, n’hésitent pas à choisir une salle confortable même se trouvant loin de leur lieu de résidence. Hocine a galéré pour trouver une salle des fêtes. «Je ne savais pas qu’il fallait réserver des mois à l’avance. Il me restait que quinze jours pour la fête et j’ai couru ça et là pour ne trouver une salle des fêtes qui affichait complet dans toute la commune de Seddouk. Un ami m’a conseillé d’aller ailleurs et c’est ce que j’ai fait d’ailleurs. J’ai loué une salle des fêtes à Ouzellaguen. J’ai vraiment peiné car il fallait déplacer les familles et les produits de la fête là-bas, ce qui m’a nécessité la location de voitures. Le comble, certaines familles invitées pour la circonstance ne se sont pas déplacées, faute de moyens», a déclaré Hocine. En effet, Beaucoup de Seddoukois louent à Ouzellagien et Akbou et parfois à Béjaïa, et dans ces conditions ce sont les invités manquant de moyens qui sont pénalisés à l’image d’Akli qui a décliné plusieurs invitations, ne possédant de véhicule pour déplacer la famille. «J’habite à Seddouk Oufella, quand je suis invité à une fête se tenant dans une salle des fêtes se trouvant à la ville de Seddouk, distant de quelques 8 kilomètres de mon lieu de résidence, à la rigueur c’est acceptable et je réponds présent. Le Hic, quand on m’invite à une salle se trouvant à Akbou ou à Béjaïa. Vu mes moyens et la cherté du transport par taxi, je décline souvent les invitations. Dois-je louer une voiture alors que mes moyens ne me le permettent pas. Le mieux, c’est que l’invitation soit accompagnée de la disponibilité des bus que loueront les organisateurs», a fait savoir notre interlocuteur. La concurrence fait rage dans cette nouvelle activité qu’est la location de salles des fêtes au point où beaucoup de gérants tendent à moderniser leurs salles par des aménagements nécessaires et leurs dotations en équipements et moyens appropriés. Ce sont les conditions aussi qui sont exigés par la réglementation pour prétendre à la délivrance d’un agrément pour exercer dans la légalité. Mais certains gérants, aguichés par le gain facile et sachant qu’ils auront leur part de clients vu la forte demande, travaillent toujours en noir et ne songent pas à moderniser leurs salles d’exploitation, malgré les sommes faramineuses qu’ils engrangent dans l’année provenant de la location. Aujourd’hui, de plus en plus de familles recourent à ces salles. Malgré la cherté de la location laquelle vaut le coup de par la détente et la joie de rassembler dans une grande salle tous les fêtards. Les salles des fêtes mettent fin aux tracasseries propres à une fête de mariage. Elles soulagent les organisateurs de la fête de la galère, des taches ménagères et de l’exécuté et parfois de la promiscuité de leurs maisons. Mais, l’usage des salles des fêtes mettent fin à des traditions séculaires dont beaucoup ont disparu ou ont tendance à l’être en Kabylie. Pour exemple: la fête à la maison qui dure trois jours d’affilé est révolue. Elle est supplantée par la réception dans une salle qui dure une demi-journée. Concurrence oblige, certains gérants de salles de fêtes sont de vrais arnaqueurs. Quand la climatisation existe, elle est utilisée d’une manière discontinue pour gagner en électricité faisant fi de la souffrance des fêtards qui font face à la montée de la température devenant insupportable. Un gérant d’une salle des fêtes a poussé le ridicule jusqu’à demander aux fêtards de quitter la salle alors que la fête battait son plein. Le gérant est allé même jusqu’à leur couper l’électricité pour les forcer à sortir. De tout ce qui précède comme bon ou mauvais usages, les salles des fêtes demandent à être réglementées en tout. C’est un endroit qui rassemble beaucoup de familles où la sécurité doit être de mise. «Il vaut mieux prévenir que guérir», dit l’adage.
L.Beddar

