Le service de gynécologie et la maternité de l’hôpital de M’Chedallah sont ceux qui enregistrent la plus importante affluence de patients qui viennent des quatre coins de la wilaya de Bouira et de nombreuses localités des wilayas limitrophes.
Comme en atteste un document des statistiques de ce service des plus névralgiques et dont nous détenons une copie. Dans le document en question, figurent des patientes venues pour accouchement, lesquelles sont originaires des wilayas de : Bordj Bou Arreredj, M’sila, Setif, Béjaïa, Boumerdès et Tizi-Ouzou. Une affluence record qui fait que, pas moins d’une centaine de césariennes sont mensuellement pratiquées au niveau de cet hôpital, en parallèle à une autre centaine d’accouchements normaux. Cela par rapport à la bonne réputation acquise depuis des années, quant à la prise en charge des malades de cet hôpital, qui fait exception comparé aux autres institutions du même domaine. Ce, malgré un récent cas isolé a pris l’allure d’un scandale largement répercuté par les réseaux sociaux dont chacun des acteurs a sa part de responsabilité. L’exceptionnelle prise en charge est reconnue par les malades, qui ont séjourné dans cet hôpital, dont celui de la gynécologie et de la maternité et ce, grâce la disponibilité d’un bloc opératoire pour les césariennes et d’une pédiatrie qui est logée dans le même pavillon que la maternité et vers laquelle sont orientés les nouveaux nés avant terme. Lesquels sont par la suite placés dans les couveuses comme tous autres bébés nécessitant un suivi médical spécialisé. A cela s’ajoute la disponibilité de deux gynécologues, 04 sages femmes, un chirurgien réanimateur et un chirurgien anesthésiste en permanence notamment, depuis l’affection de deux autres gynécologues décidés par le ministre de la santé Abdelmalek Boudiaf. Ce dernier a été interpellé lors de sa visite dans la région, en 2013, à propos de ce service des plus sensibles qui tournait à l’époque avec un seul gynécologue instable de surcroît.
«Les césariennes, résultat d’un changement dans le mode de vie»
La gynécologue, docteur Boutoughmas. S qui nous a reçus la semaine écoulée, explique le taux assez, par rapport à la génération précédente, d’accouchements compliqués nécessitant une césarienne, par un changement radical du mode de vie des femmes et du régime alimentaire. «Toutes les activités domestiques de jadis tels que, rouler le couscous, préparer la galette, bercer le bébé assise en position de tailleur ou encore les longues marches dans tout déplacement sont un sport complet pour obtenir un écartement de hanches et un développement du bassin des femmes enceintes qui facilitent un accouchement sans problème» explique-t-elle. Soulignant que toutes ces activités traditionnelles sont abandonnées avec l’évolution du mode de vie et la modernisation des équipements domestiques auxquels s’ajoute un régime alimentaire riche en protéines et autres matières grossissantes qui accélèrent la croissance du bébé dans le ventre de sa mère. Cela en plus d’un ralentissement sensible du développement des organes d’où doit «transiter» ce bébé pour naître, ce qui nécessite des césariennes pour délivrer la maman et faire naître le bébé sans complications. Notre interlocutrice amputera aussi ces contraintes et difficultés d’accouchements au manque de sensibilisation des futurs mères lors de leurs grossesses. Un cas dans lequel doit s’impliquer le mouvement associatif, notamment féminin, par l’organisation de campagnes de sensibilisations autour de ce domaine de gynécologie où le même mouvement associatif, les spécialistes en la matière et aussi la société civile doivent casser les tabous et s’impliquer en abordant ce sujet en toute franchise pour préparer les femmes et futurs mamans à gérer, elles-mêmes, leurs grossesses et parvenir à des accouchements sans risques. Dans les pays développés, l’on est déjà aux accouchements sans douleurs à base de techniques et de préparations psychologiques de la parturiente.
Oulaid Soualah

