Pas moins de 2 154 tonnes de déchets ont été collectées sur l’ensemble du territoire de la wilaya de Tizi-Ouzou lors de l’opération de volontariat organisée durant les journées du 04 et 05 septembre dernier, rapporte un communiqué émanant de la cité administrative. Cette opération initiée par la daïra de Tizi-Ouzou sur instruction du premier responsable de la wilaya, M. Brahim Merad, entrant dans le cadre de la préparation de la rentrée sociale et de la rentrée scolaire, en partenariat avec l’APC, l’EPIC CODEM et les directions de wilaya, a touché les différents quartiers et artères du chef-lieu de la wilaya et a permi le ramassage de 773 tonnes de déchets ménagers et solides. Selon ledit document, durant ces deux journées, l’ensemble des communes ont organisé des opérations de nettoiement similaires au niveau de leurs chefs-lieux, ayant touché les quartiers et les abords des établissements scolaires ainsi que les grands axes routiers, permettant ainsi la collecte de 1 384 tonnes de déchets. Ces opérations de volontariat organisées occasionnellement ne viendront jamais à bout des milliers de tonnes de déchets qui jonchent les artères des différentes communes de la wilaya, car il faut le dire, aucunes d’elles n’est épargnée par l’insolubilité si une véritable feuille de route sur la question environnemental n’est pas mise sur pied. La route menant vers la commune des Ouadhias, la RN30 pour ne citer qu’elles, où les décharges sauvages font définitivement partie du décors débordent littéralement de déchets en tout genre, notamment des canettes et autres bouteilles vides et des ordures. En voilà un spectacle de désolation qui ne semble pas, le moins du monde, déranger les autorités ! Lors d’un déplacement que nous avons effectué dans le versant sud de la wilaya, nous avons conversé sur la question de l’environnement avec les passagers du taxi que nous avons pris et qui nous ont fait part de leur inquiétude sur l’insalubrité et le décors hideux des abords de cette route (RN30) et de la wilaya en générale. «J’empreinte cette route quotidiennement et c’est de mal en pire. Je ne peux même plus regardé les superbes reliefs montagneux du massif du Djurdjura sans que ma vision soit parasitée par des tonnes d’ordures en tout genre qui jonchent cette route. Elle est sale et le mot est faible !», s’indigne Fatima, une citoyenne des Ouadhias, ajoutant que «les abords de cette route n’ont pas été nettoyés depuis un bon bout de temps sauf peut être la fois où une opération de nettoiement a été organisée au niveau du barrage seulement et là encore l’enlèvement des dizaines de sac de poubelles n’est intervenue que des mois après l’opération de nettoyage, à telle enseigne que pratiquement tous les sacs poubelles de la collecte ont été éventrés par les chiens «errants». Mohamed, un jeune étudiant, nous dira à son tour : «Comment vont-ils attirer des touristes dans un environnement aussi dégradé mais c’est du délire !» Le conducteur du taxi, Dda Ali, qui participa à la discussion, ira de son mot également. «Je suis conducteur de taxi depuis 35 ans et je peux vous dire que ce n’était pas aussi sale y a quelques années quand on exigeait des consignes pour les bouteilles, mais depuis l’avènement des canettes c’est la catastrophe», dira-t-il. Et de poursuivre : «Il n’y aura pas de tourisme si la situation ne change pas. Il faut d’abord investir dans le nettoyage de toute cette crasse…». Il est vrai, toutefois, que les centres d’enfouissement et les décharges contrôlées manquent cruellement à cette wilaya en raison notamment d’oppositions, mais jusqu’à quand elle sera synonyme d’insalubrité et de crasse ? Qu’a-t-on fait des recommandations de ces fameuses assises de l’environnement initiées par l’ancien wali ? La question reste entière ?! Une catastrophe écologique voilà ce qui attend la wilaya de Tizi-Ouzou, selon les observateurs, si rien n’est fait au plus vite et ce n’est pas des campagnes de volontariat, initiées de temps à autre, qui la sauveront de ce qui la mine.
Taous. C