Depuis quelques jours déjà à Larbâa Nath Irathen, les citoyens sont pris de panique, à cause d’un éventuel manque de produits de base (sucre, huile, farine, semoule, café…), et cela s’explique par la baisse des prix du pétrole, obligeant, ainsi, les responsables à prendre des mesures urgentes et à réduire la facture des importations. En effet, entendant cette nouvelle, les citoyens s’empressent vers les boutiques et les magasins pour acheter les quelques kilos de sucre et les quelques litres d’huile, encore disponibles. «Impossible de satisfaire la demande dans ces cas là. Dès qu’un stock est mis sur les étales, il se vend en deux temps et trois mouvements, et cela depuis plusieurs jours. Les gens achètent d’énormes quantités de sucre et d’huile, sans aucune justification valable. Cette panique s’est créée à cause de certaines personnes ou plutôt de certains spéculateurs qui veulent faire plus de bénéfices et amasser plus d’argent», dira Tarik, un vendeur qui travaille dans une superette implantée en plein centre-ville. Et d’ajouter : «Le sucre est disponible, le problème c’est cette forte demande. En l’espace de quelques jours seulement, elle a triplé voire même quintuplé au point où le commerçant n’arrive plus à satisfaire son client. Créant, ainsi, un climat de panique au sein de la population. Les gens ont peur de revivre la crise des années 90, où tout manquait ! «Dès qu’il y a un petit manque d’un produit, les citoyens s’affolent et font des stocks énormes. Rien que ce vendredi, juste après la fin de la prière, un père de famille de 05 personnes a acheté 20 Kg de sucre et 04 bidons d’huile. C’est énorme comme quantité. Quand la crise économique a touché les pays du monde, ces derniers se sont serrés les coudes et ont pu faire face à cette situation. Mais nous, nous ne faisons aucun effort pour trouver une solution et pouvoir s’en sortir. Nous faisons uniquement recours au stock de nourriture ! Le plus pénible dans tout ça, c’est le fait que la population est déjà paniquée alors qu’on n’a même pas encore ressenti la crise. D’autant plus que la plupart des citoyens se sont habitués à un mode de vie de luxe !», dira Da Chabane. Il termine en disant : «J’espère seulement que l’ensemble des citoyens pensent un peu aux autres au lieu de stocker d’énormes quantités de produits. De son côté l’État doit intervenir efficacement afin de punir sévèrement les spéculateurs et les perturbateurs du marché.» Effectivement, il ne se passe pas un jour à Larbâa Nath Irathen, où il n’y a pas de fausse «alerte» d’un éventuel manque de tel ou tel produit. La grande question reste de savoir à qui profite cela ? Qui crée ces fausses alertes ? Surtout quel est l’objectif ? En tout cas, une chose est sûre, le consommateur y contribue et alimente cette vaste machine où ce circuit bien rodé et bien huilé. Dans de telles conditions de panique et d’inquiétude, même les produits disponibles en grandes quantités s’écoulent sans problème. Et au bout de quelques jours, ce produit qu’on croyait qu’il a connu une pénurie, est toujours disponible dans tous les magasins. Une fois l’objectif atteint, tout redevient normal ni vue ni connu. Dans ce cas là la population doit être consciente et faire attention.
Y. Z.
