Quand une masse juvénile évolue dans un environnement dépourvu d’espaces culturel et sportif, c’est l’oisiveté qui y règne. «L’oisiveté est mère de tous les vices», dit-on. En effet, être dans ses vingtaines, chômeur en plus, privé de tout cadre susceptible de canaliser une énergie innée pour en donner un aboutissement positif, c’est malheureusement un fait qui s’ajoute au marasme et le mal-vivre. Que pourrait faire un jeune dans de pareilles circonstances ? «S’adonner à tout !», résume Halim, 21 ans, jeune chômeur habitant le chef-lieu d’Ath Rached. Alors que le centre culturel sis à une trentaine de mètres du siège de la commune d’Ath Rached n’a de «culturel» que le nom, le seul stade où des jeunes peuvent espérer, au moins, y pratiquer leur sport favori «peut servir à tout sauf à jouer le foot», dira en substance Sofiane, un autre jeune. «Au moment où certaines communes réalisent des stades communaux et de proximité revêtis de gazon synthétique ou toute autre qualité dans notre commune le seul stade, sis à deux kilomètres du chef-lieu, constitue à vrai dire un danger potentiel pour les jeunes», note Mostapha, la quarantaine d’âge. «Ce sont d’abord les collectifs de jeunes qui organisent les différents tournois, parfois même pour des hommages et des téléthons à des fins caritatives», témoigne également notre interlocuteur qui ne cessait de se porter par le passé volontiers à toute initiative d’encadrement culturelle et sportive des jeunes. Malheureusement, vu son aire, un terrain qui ne fait jamais objet d’entretien, les eaux pluviales formant des marres pendant l’hiver contribuent à sa dégradation et il a fini par devenir un terrain vague, accidenté des cailloux partout… chaque été beaucoup de jeunes se blessent. Fractures, notamment est le sort réservé à ces pauvres jeunes, fans de ce jeu populaire. Parfois des blessures des plus graves, «un coup fatal pour tout rêve qui s’évapore avec», résume avec amertume Lounès, 17 ans, qui montre les séquelles d’une blessure ayant nécessité une intervention chirurgicale au niveau du tibia. Pourtant, c’est une région qui dispose de jeunes talents. Certains, ayant la moindre chance d’évoluer ailleurs, ont réussi à s’imposer même en première division nationale, à l’image d’Y. Salhi, natif d’Ath Abdellah Ouali, évoluant depuis 2 ans en ligue1 au sein du MOB. Promouvoir la pratique footballistique passera impérativement par la réalisation d’infrastructures adéquates. À l’ère de cette «hystérie» des austérités tous azimuts dont le glas a sonné se passer de tels projets serait un subterfuge. En attendant que les autorités concernées fassent «un geste» à l’encontre de cette frange, les jeunes de cette région continuent à assouvir leur soif pour le foot dans des conditions primitives.
L. M