Les habitants des villages enclavés, situés dans la commune d'Ighil Ali, continuent de manger leur pain noir.
Les conditions de vie dans ces contrées oubliées sont insupportables pour ces centaines de villageois, lesquels s’estiment « oubliés par les pouvoirs publics ». Parmi ces villages, il y a Tabouaânant. Ce patelin de près de 500 âmes, situé à 14 Kms du chef-lieu communal, serait l’unique village, dans toute la daïra d’Ighil Ali, qui n’a jamais vu le chemin qui y mène bitumé et ce, depuis l’indépendance. Cela met dans tous leurs états les habitants, qui ne comprennent pas toute cette omission. En plus de cela, le transport de voyageurs n’est pas assuré vers cette localité où les villageois endurent ce problème au quotidien. Il faut posséder un véhicule pour pouvoir se déplacer, autrement, il reste à parcourir à pied les 4 Kms, qui séparent le village de la RN106, pour faire de l’auto-stop, et ce, en comptant sur les automobilistes « charitables »! Ce calvaire touche, également, de plein fouet les élèves qui suivent leurs études dans les établissements scolaires du chef-lieu communal d’Ighil Ali, où le ramassage scolaire n’assure que deux navettes, l’une le matin et l’autre le soir. Durant les jours ouvrables, les élèves habitant ce village, rentrent chez eux la nuit tombant à cause de l’éloignement de leur village et des rotations sur plusieurs villages qu’effectue le bus scolaire qui les emmènent chez eux en fin de parcours. À Tabouaânant, il y a aussi ce sempiternel problème de l’énergie électrique qui se manifeste par des perturbations, comme la chute de tension, et les coupures intempestives. Les villageois ont adressé une réclamation aux autorités communales pour prendre en charge ce problème, avec l’installation d’un autre transformateur pour renforcer l’alimentation électrique. Dans la foulée, les villageois ont demandé également, l’affectation d’un infirmier pour leur village afin qu’il prenne en charge les premiers soins, et surtout s’occuper des personnes âgées et des malades chroniques qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’à la polyclinique d’Ighil Ali par manque de moyens. Pour l’anecdote, une course d’un taxi clandestin est chiffrée jusqu’à 800 DA d’Ighil Ali vers le village Tabouaânant. Ce dernier est complètement délaissé et ses habitants sont livrés à eux-mêmes. Les autorités de wilaya devraient se pencher, un peu plus, sur la situation cauchemardesque des villages complètement isolés situés dans la municipalité d’Ighil Ali, où les populations vivent comme dans un purgatoire. La wilaya devrait initier un programme d’urgence pour ces villages sinistrés!
Syphax Y.

