La maison de jeunes sous scellés

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Pour refuser la fermeture programmée de la maison de jeunes de Aïn El Hammam, ses adhérents viennent de confirmer leur opposition, en renvoyant manu militari les trois fonctionnaires dépêchés par la DJS de Tizi-Ouzou, samedi dernier, pour procéder à l’inventaire du matériel. «Nous voulons voir le DJS, qui a refusé de nous recevoir comme il a refusé de recevoir notre rapport, venir ici lui-même», leur lancent les jeunes qui se sont rassemblés autour d’eux. «L’origine du conflit a débuté lorsque le directeur et les fonctionnaires, exerçant à la maison de jeunes, ont reçu leurs affectations pour céder les locaux à l’école primaire que la maison de jeunes a abritée provisoirement depuis sept ans, suite à la démolition de l’école de garçons», nous dit-on. Les responsables de Aïn El Hammam avaient promis, à l’époque, la «construction d’un nouvel établissement, en moins d’une année. Le provisoire a finalement duré au point où, maintenant, c’est nous qu’on veut mettre dehors», nous dit un membre du groupe de musique. Ils sont plusieurs dizaines d’adhérents à s’être rassemblés, ce samedi, à l’intérieur des locaux de cette structure, appartenant à la direction de la jeunesse et des sports de la wilaya de Tizi-Ouzou, pour s’opposer à la fermeture du «seul lieu de loisirs et de culture que nous ayons dans la région», nous expliquent-ils. Sur place, nous avons croisé trois représentants de la DJS, venus procéder à l’inventaire du matériel. Ainsi, depuis près d’une semaine, apprend-on sur place, le directeur, deux gardiens, une psychologue et autres sont appelés officiellement, à prendre d’autres fonctions au niveau de l’auberge de jeunes, située sur les hauteurs de la ville. Quant aux travailleurs recrutés dans le cadre du pré-emploi, leur avenir demeure incertain. Un avenir tout aussi sombre que celui des dizaines de jeunes, habitués à se rendre à la maison de jeunes, pour s’adonner à leurs loisirs favoris. La troupe de théâtre, le groupe de musique, le club de l’astronomie et toutes les associations qui y trouvent refuge, se trouvent soudainement livrés à eux-mêmes, refusant catégoriquement de se rendre à l’auberge. Ceux que nous avons joints sur place nous font part de leur détermination à «rester sur place quel qu’en soit le coût». À la question de savoir les raisons de leur entêtement, tous répètent que «la maison de jeunes existe depuis les années soixante-dix, tout autant que l’école de garçons, mitoyenne. Que ceux qui avaient décidé de démolir cette dernière, sur un coup de tête, prennent leurs responsabilités». Il semblerait que la convention signée, il y a sept ans, entre la DJS et l’éducation, stipule que les locaux seront cédés à titre provisoire, en attendant la reconstruction de l’école. Affaire à suivre…

A.O.T.

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