L’exécutif installé sur fond d’une vive polémique

La 6e réunion pour l’installation du nouveau exécutif de l’APC de Mizrana, a été un scénario digne d’une pièce théâtrale politique, dont les élus des différents partis ont été les acteurs. Dans cette réunion, très houleuse, les présents ont vu beaucoup de choses. Les crédules sont restés figés et émus devant la vive polémique, qui a duré plus de 65 mn. A 10 heures, en présence de tous les élus, M. Hachemani, maire de cette commune, a présenté l’ordre du jour. Le premier point était évidemment la désignation des différents responsables de l’exécutif. Immédiatement, les deux élus du FFS et celui du RND sont montés au créneau pour demander des comptes au P/APC, avant tout débat. « Avant de procéder à l’adoption ou non de votre proposition, nous vous demandons, Monsieur le maire, des explications au sujet de la présence d’un élu dans cette mairie qui s’est permis d’accéder aux archives et aux services, alors qu’il n’est pas encore désigné comme responsable », lance avec une voix dominante, un élu du FFS à l’égard du maire. Le train de la polémique a démarré en trombe. Le maire tente de leur expliquer que ledit point sera étudié en divers de l’ordre du jour. Peine perdu la voix du maire se trouve noyée sous les cris des trois autres élus, déterminés à faire monter la tension à l’intérieur de la salle. Les partis en farouche opposition ont soulevé le problème de la présence de deux secrétaire de séance. Le deuxième secrétaire n’est autre qu’un cadre du RCD au niveau local. Sous la pression, le deuxième secrétaire a quitté la table ronde pour rejoindre l’assistance. Là aussi, les élus en colère exigent à ce qu’il quitte la salle pour rejoindre son poste de travail. Le mis en cause quitte carrément la salle. La guerre ouverte continue. « Sur quelle base vous avez opéré votre choix de l’exécutif », « Pourquoi vous n’avez pas cherché à connaître notre avis ? », « Donnez-nous le bilan depuis votre installation à ce jour », « Pourquoi vous avez accepté à ce que certains se comportent comme des supers élus ? », « Celui que vous avez choisi comme premier vice-président a déjà fait preuve de son incompétence dans la gestion de l’ancienne APC »… etc, sont entre autres les remarques et les questions que ne cessent de soulever et de poser les élus en opposition dans une ambiance agitée. A chaque fois que le P/APC tente de faire passer son ordre du jour, les élus en colère reviennent à la charge. C’est ainsi qu’on s’est engouffré dans un labyrinthe de polémique sur fond d’hypocrisie politique, partagée par les deux parties en conflit. Plusieurs accrochages ont eu lieu entre les élus FFS et RND d’une part et ceux du RCD. On a frôlé le ridicule et des dérapages ont faillit avoir lieu. Des prises de bec ont eu lieu même avec certains membres de l’assistance et l’on a demandé au maire de les faire sortir, tout en les accusant d’être des militants à la solde du RCD. Les élus opposants accusent le maire de pratiquer la politique de « diviser pour régner ». « Nous refusons d’assumer une gestion pareille », « Quel avenir pour notre APC ? », se posent-ils comme questions. Par ailleurs, ils accusent le maire d’avoir « confisqué » des lots de terrain à des citoyens. « C’est une expropriation », accuse un élu du FFS. Cette ambiance électrique a contraint le P/APC à suspendre la séance. Une scène qui a échappé à notre attention, les élus du FFS et du RND parlent d’une agression qui aurait eu lieu dans le hall de cette mairie, entre eux et un fonctionnaire de l’APC et qui n’est autre que le premier responsable du RCD à Mizrana. La séance est reprise près d’une demi-heure plus tard. Le maire tente de nouveau de proposer son ordre du jour. La polémique s’ébranle de nouveau. « Qui est pour cette proposition ? » Les trois élus du RCD et celui du FLN lèvent leurs mains, tandis que les autres élus continuent à protester. C’est ainsi que les partis en opposition, n’ont ni adopté ni rejeté la proposition de l’exécutif. La jeune secrétaire est elle aussi prise sous la pression, au sujet de la rédaction du PV. Chacune des deux parties tente de lui dicter ce qu’il faut mentionner. Il est 11h50, l’exécutif, adopté par 4 voix sur 7 sur fond d’agitation. Les élus du FFS et du RND ont quitté la salle. Avant de partir, un élu du FFS lance : « La gestion du parti unique est révolue ». L’élu du RND, lui aussi, avant de sortir, est entré en polémique avec celui du FLN. Pour se défendre, ce dernier lui répond : « Je travaille dans l’intérêt de la commune ». Les élus en opposition reprochent à celui du FLN d’avoir passé une alliance avec le RCD, alors que leur attente est de former un bloc et obliger le RCD a céder toutes les vices-présidences aux autres partis. L’alliance avec le FLN a été scellée après que le chef de daïra ait rejeté les premières délibérations. La première vice-présidence est revenue à Sadoudi Lounès du RCD. La deuxième vice-présidence est revenu à Tirouche Akli du FLN. La commission sociale et culturelle sera présidée par Sadoudi Lounès, la commission économie et finance par Tirouche Akli. La commission aménagement du territoire sera présidée par Amar Bakhouche du RCD. Quant aux autres membres de la commission, le maire tient à dire qu’ils seront désignés ultérieurement, tout en espérant la participation des autres élus. Après l’agitation, un semblant de sérénité est revenu dans la salle. Les élus présents ont adopté le budget primitif de cette commune. L’élu du FLN déclare : « Je n’ai subi aucune pression. Ma décision est aussi celle de mon parti et je pense qu’elle va dans l’intérêt de la commune », dit-il. En riposte aux accusations des autres élus, Sadoudi Lounès demande « Un audit au sujet de la gestion de la précédente APC », et demande aussi « De rendre publiques les listes de tous les bénéficiaires des indemnisations suite au séisme de 2003 ». Par cela, il vise les deux élus du FFS qui étaient à l’époque les premiers responsables de cette commune. Enfin, le maire a invité son exécutif à se mettre au travail, en vue de faire développer cette commune déshéritée. Il est midi, cette réunion qui n’est pas comme toutes les autres, tire à sa fin. A Mizrana, « la guerre » politique bat son plein, et on peut dire d’ores et déjà, que la campagne électorale pour les élections de 2007 a commencé.

Mourad Hammami