«Hausse de plus de 30% de la demande sur la devise au marché informel»

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«Pas moins de cinq milliards de dollars qui circulent au niveau du marché informel de la devise, dont la demande a augmenté ces deux derniers mois, de plus de 30%». C’est ce qu’a fait savoir, hier, à Alger, le porte-parole de l’union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), El Hadj Tahar Boulenouar, lors d’une conférence de presse organisée, au siège de sa formation syndicale sur «le marché informel de la devise». Le conférencier a souligné que la hausse de la demande sur la devise, constatée ces derniers temps au niveau du marché informel, est due aux discours de certains experts économiques et les chefs des partis politiques sur la chute des recettes pétrolières. «Cela a poussé les citoyens, notamment les commerçants et les opérateurs économiques, à acheter de la devise par crainte de faire face à une crise économique», a expliqué M. Boulenouar, qui a remis en cause également la dévaluation du dinar. Le même responsable a estimé que le marché informel de la devise est une couverture de transaction et de blanchiment d’argent. «Ce marché illégal encourage davantage la contrebande de la devise», a-t-il lancé avant d’ajouter qu’il représente un concurrent déloyal pour les banques nationales. Face à cet état de fait, M. Boulenouar a tiré la sonnette d’alarme quant à la prolifération de ce marché informel, qui, selon lui, nuit énormément à l’économie nationale. «L’État doit intervenir immédiatement pour mettre un terme au marché informel de la devise», a-t-il plaidé. Il s’agit, selon le porte-parole de l’UGCAA, d’attaquer les personnes qui fournissent le marché de la devise. «On appelle les ministères du Commerce et des Finances à identifier les fournisseurs de ce marché», a martelé M. Boulenouar. Ce dernier a mis en avant la nécessité de mettre en place des bureaux de change de la devise. «Les textes de loi sur la création des bureaux de change existent, mais la marge bénéficiaire qui est à 1% fait toujours défaut», a regretté M. Boulenouar. Celui-ci a mis l’accent également sur la nécessité d’accélérer le processus des réformes bancaires, pour mettre fin à la bureaucratie qui «pousse les opérateurs économiques à aller vers le marché informel de la devise, au lieu d’octroyer des crédits de la banque».

Samira Saïdj

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