Les coups de boutoir qu’encaisse dame nature au quotidien ne sont prêts de s’estomper. Et pour cause ! L’incivisme et l’insouciance d’une certaine frange de la population menacent sérieusement la santé des riverains, sans compter la dégradation tous azimuts de l’environnement. Les différents cours d’eau greffés au mythique fleuve de la Soummam ne sont pas en reste, d’autant plus que les déchets de tout genre sont jetés sans vergogne dans le lit desdits affluents. L’environnement dans la wilaya de Béjaïa ne cesse de se dégrader au fil des ans, pour atteindre, aujourd’hui, des seuils alarmants. Par ailleurs, chaque ménage génère des quantités incommensurables d’ordures qui finissent souvent au fond des cours d’eau ou carrément dans la nature. Les décharges publiques réglementées ou improvisées témoignent de l’ampleur des dégâts, en sus, l’absence de centres d’enfouissement et l’inexistence d’une politique de tri et de récupération de l’emballage amplifient davantage la catastrophe écologique qui se trame au su et au vu de tout le monde. Au demeurant, rien n’a été fait par les pouvoirs publics afin d’endiguer, un tant soit peu, cette détérioration environnementale qui semble s’installer dans la durée ! Ainsi, ni les agglomérations ni les terres agricoles et encore moins les cours d’eau, ne sont épargnés par la pollution et l’avancée des détritus en tout genre. Si on prend l’exemple de l’Oued Soummam, le constat est sans appel. «Depuis des décennies, je n’ai vu à aucun moment l’eau du fleuve maculée et claire. «La Soummam arbore une couleur sombre et exhale une odeur putride. Voilà ce qui reste de notre fleuve», se désole un septuagénaire. Toutefois, d’aucuns semblent étonnés de l’état catastrophique de dame nature, du moment que tous les rejets solides et liquides y sont déversés journellement, à telle enseigne qu’il est presque impossible d’apercevoir un coin épargné par les ordures et les eaux usées. Les cours d’eau sont devenus, actuellement, des égouts à ciel ouvert, où les eaux usées ruissellent à longueur de journée. Ils sont transformés en collecteurs, où des insectes, comme les moustiques et des animaux errants y pullulent.
Cette situation n’est due qu’à l’évacuation des eaux usées vers ces rivières, comme où les bouches des différents réseaux de l’assainissement de toutes les localités du versant Sud comme nichées au versant gauche comme au versant Sud de la Soummam y «vomissent» quotidiennement des centaines d’hectolitres de rejets liquides pestilentiels, en polluant au plus haut degré ces lieux censés être protégés contre toute insalubrité étant donné que les forages de ces mêmes localités y sont implantés ! Chose curieuse tout de même ! Les différentes collectivités locales savent, pertinemment, qu’il subsiste, toujours, ce danger de contamination des eaux de la nappe phréatique par les eaux polluées et chargées de matières toxiques. Mais, comble de l’absurde ou de la négligence, les choses sont restées en l’état, sans qu’aucune solution ne soit trouvée à ces rejets liquides, qui empoisonnent l’environnement en toute quiétude. Il est du ressort des pouvoirs publics de mettre le holà à ces multiples agressions à outrance. D’ailleurs, les velléités de changement de la politique environnementale restent caduques sans apporter un baume aux maux qui rongent l’environnement. Depuis des lustres, les pouvoirs publics «feignent» de glisser le curseur à des projets d’implantation de stations d’épuration des eaux usées et de centre d’enfouissement, mais en parallèle, le phénomène de pollution augmente crescendo, tandis que lesdits projets restent souvent à l’état embryonnaire.
Bachir Djaider
