La journée thématique sur l’agriculture et le développement rural au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou, organisée hier par l’APW, n’a pas fait l’unanimité parmi les présents. C’est le cas, notamment des éleveurs représentés par le conseil régional interprofessionnel de la filière lait. Ils ont exprimé leur colère de ne pas avoir été impliqués et invités à la manifestation avant de parler des multiples problèmes rencontrés par les agriculteurs. La journée d’hier avait pour but de traiter des capacités de la région en termes d’agriculture, de mettre en avant les problèmes dont souffre le secteur et de tenter de discuter et proposer des solutions. Alors, la journée n’a pas fait que des «heureux», puisqu’elle a été marquée par des démonstrations de colère. A commencer par des adhérents et représentants locaux de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA) qui ont préféré quitter la salle après avoir constaté l’absence du wali, dont l’intervention a, pourtant, été annoncée à travers le programme de la journée. L’UNPA devait présenter une conférence mais sans compter sur le mécontentement de ses représentants ayant vraisemblablement traduit l’absence des représentants locaux par un manque de considération devant aboutir à un non lieu des journées. Après eux, c’était au tour des éleveurs représentés par le conseil régional interprofessionnel de la filière lait de réagir. Dans un premier temps, ils avaient affiché leur mécontentement de ne pas avoir été invités. D’emblé le président du conseil, Rabah Ougmat, se demande «comment peut-on prétendre parler de l’agriculture, des problèmes de cette dernière, si les premiers concernés ne sont pas impliqués ?». Pour lui, c’est sûr, il ne s’agit de rien d’autre que «d’un mépris affiché à l’égard des Fellah». Profitant de la parole qui lui a été donnée après l’intervention des représentants de la conservation des forêts et de la direction de l’agriculture et autres universitaires, il ne manquera pas de revenir une fois de plus sur toutes les difficultés vécues par les éleveurs au niveau de la wilaya. Des difficultés, d’ailleurs, dénoncées à maintes reprises à travers les actions de protestations initiées au niveau local et national.
«Une commission ministérielle pour le secteur de l’agriculture à Tizi-Ouzou attendue prochainement»
Pour l’intervenant «les fellahs sont sinistrés» et «le secteur de l’agriculture l’est encore plus». Il citera l’exemple de «la ferme pilote de Tadmaït» qui n’en est plus une, le barrage de Djebla laissé pour compte, alors que «l’on parle d’en construire d’autre dans des endroits enclavés qui ne permettent aucune activité agricole», citant celui de Bouhlalou. Le président du conseil parle aussi longuement des agriculteurs qui parviennent difficilement à vivre de leur métier étant «à chaque fois obligés de s’endetter». Cette réalité est d’ailleurs partagée par toutes les filières du secteur, des agriculteurs aux éleveurs, en passant par les cultures en elles mêmes à l’image de l’oléiculture. Rabah Ougmat en appel à la programmation d’assise, voire d’états généraux sur le secteur de l’agriculture afin de regrouper tous les acteurs concernés autour de la question et tenter de trouver une issue aux problèmes nombreux recensés. Dans un autre sillage et citant les différentes rencontres organisées entre le conseil régional interprofessionnel de la filière lait et le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, le président du conseil affirme qu’une commission ministérielle est prévue très prochainement au niveau de la wilaya. Elle sera dépêchée afin de «se pencher sur le secteur et les problèmes soulevés par les agriculteurs et donc la réalité du terrain», dira-t-il. De son côté le secrétaire général du conseil, Mouloud Amias, souligne que «personne d’autre que l’agriculteur, lui-même, ne dispose de statistiques réelles sur le secteur de l’agriculture». Déplorant, lui aussi, le fait de ne pas avoir été invité à une rencontre prévoyant pourtant de parler de la réalité du terrain et des difficultés rencontrées au quotidien par les agriculteurs en tout genre.
Tassadit. Ch.
