Cap sur les préparatifs

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Après une longue disette, la pluie est de retour au grand bonheur des fellahs. Les dernières pluies, tant attendues, ont amplement mûri les olives pour les peindre d’une teinte noirâtre tout en gagnant du volume.

Il est de coutume qu’à l’approche de la saison de cueillette d’olive, l’ensemble des bourgades de la vallée de la Soummam s’affaire autour de leurs oliveraies, et dont les tâches se résument au sarclage et l’essartage des champs pour faciliter la collecte des olives. Le calendrier agraire berbère fixant comme date butoir le 28 octobre concordant avec « Lahlal », donne le coup de feu du starter pour tous travaux de champs. Ne dérogeant pas à cette règle, l’ensemble des bourgades d’Ath Waghlis s’affaire autour de leurs champs en procédant au nettoyage des oliveraies.

Jadis, à l’orée de chaque saison oléicole, les comités de villages de la région s’accordent à jalonner les règles régissant cette récolte. Mais, ces dernières années, chaque village instaure ses propres règles en fixant les jours d’interdiction de sortie des troupeaux ainsi que la levée de l’interdiction. Une charte est souvent acquiescée à l’unanimité et censée peu ou prou servir de rempart contre toute violation des oliveraies. Les maraudeurs sont souvent à l’affût pour glaner le fruit noir, tant prisé par la population locale. Par ailleurs, le verger oléicole ne cesse de se rétrécir comme une peau de chagrin. Cette localité a payé un lourd tribut aux étés précédents, dont des incendies ravageurs ont consumé des centaines d’hectares de forêts et d’oliveraies.

Les paysans tablent sur un rendement moyen cette année, ce qui va se répercuter forcément sur les prix du litre de l’huile d’olive. «Nous sommes un petit peu dubitatifs quant au rendement de nos vergers. La pluie s’est fait désirée durant des mois, d’autant plus que les propriétaires des oliveraies ne se montrent guère généreux envers leurs patrimoines», déplore un paysan sexagénaire. Depuis la nuit des temps, l’olivier constitue un arbre mythique et fantasmagorique pour tout Kabyle épris de son histoire et de l’héritage légué par ses aïeux. L’amour que vouent les Kabyles pour leurs oliveraies est plus qu’une iconolâtrie. La production de l’huile d’olive connaît d’année en année des oscillations dues aux aléas climatiques et à l’intervention de l’homme. Les oléifacteurs représentent un segment important de la filière oléicole, et ce, en dépit des diverses difficultés rencontrées. La filière oléicole semble être le parent pauvre du secteur agricole, dont l’activité est sérieusement menacée. Les autorités concernées devraient se pencher sur les nombreux avatars que subissent les paysans et les oléiculteurs. Des campagnes de sensibilisations se doivent d’être organisées afin d’inciter les paysans à mieux préserver leurs vergers et d’améliorer de facto le rendement tant en quantité qu’en qualité.

Bachir Djaïder

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