Les travaux de réhabilitation de la polyclinique de Souk El Tenine, au Sud de Tizi-Ouzou, lancés depuis le mois de mai 2014, perdurent et ne se terminent toujours pas au grand dam des patients et du personnel exerçant dans cet établissement sanitaire.
Mardi dernier, lors de faibles précipitations, le service des urgences a été submergé par l’infiltration des eaux pluviales. «Il faut un parapluie pour travailler dans ce service», regrettera un praticien. Signalons qu’à l’étage du dessus où sont implantés le cabinet dentaire et le laboratoire des analyses médicales, les lieux sont toujours en chantier. Les fenêtres et portes démontées et les innombrables trous creusés par l’entreprise sont la cause des infiltrations. Rappelons qu’auparavant, la polyclinique était dans un état de dégradation avancé. La direction de la santé et l’APW de Tizi-Ouzou ont dégagé un montant de près de 8 millions de dinars pour réhabiliter cette polyclinique unique au niveau de la daïra puisqu’elle fonctionne H24. Les travaux tant attendus ont été lancés en mai 2014. Certains services ont été délocalisés vers le centre de santé de Maâtkas. Ce qui a contrarié pendant de long mois les patients en quête d’injection et de changement de pansements. Au mois d’août 2014, le DSP intérimaire et le vice-président à l’APW, Mr Klalèche, ont fait un saut pour constater l’avancement des travaux. Le DSP intérimaire avait alors sommé l’entreprise de renforcer son chantier et de livrer le service des urgences pour le mois d’octobre de la même année. Hélas, l’entreprise a même abandonné les travaux et a disparu pendant de longues semaines. Le service des urgences n’a été livré qu’après plusieurs mois de l’ultimatum. Bref, les services délocalisés vers Maâtkas ont été de nouveau réintégrés au niveau de la polyclinique de Souk El Tenine. L’entreprise s’est une nouvelle fois attaquée à l’étage du dessus (le cabinet dentaire, la PMI et le laboratoire des analyses médicales) mais la cadence des travaux est une nouvelle fois trop lente. «L’entreprise n’avance pas au rythme voulu, les délais sont largement dépassés. Au lieu de mettre les bouchées doubles et d’essayer de rattraper le retard, l’entreprise abandonne une nouvelle fois le chantier. Ce qui est à l’origine de moult désagréments. Les infiltrations et la poussière malmènent le personnel et les patients. Nous demandons au responsables du secteur de la santé de prendre les mesures efficientes pour inciter l’entreprise à reprendre le travail et à renforcer le chantier pour mener à terme ces travaux qui n’ont que trop duré», appellera un praticien. Signalons également que la chaufferie de la polyclinique n’est toujours pas installée. Le personnel et les patients ont souffert du froid lors de la saison hivernale écoulée et ne veulent pas greloter de nouveau de froid, surtout que la saison froide est à nos portes. Signalons aussi qu’un médecin ayant assuré une garde notera : «En plus de toutes les carences constatables de visu, comme les vitres des fenêtres cassées qui ne sont pas remplacées depuis des mois, nous faisons face à un manque de produits. Pour traiter une plaie et la suturer, nous avons envoyé le malade acheter une lame de rasoir à 20 heures de chez un bureau de tabac, faute de lame de bistouri. Les ampoules Aspégic ne sont pas aussi disponibles». À signaler que le secteur de la santé publique au niveau de Souk El Tenine est en souffrance. Les autorités locales ne bougent même pas le petit doigt pour faire évoluer la situation. Les 3 unités de soins réparties sur quelques villages se contentent de soins élémentaires. Pour ce qui est du projet de l’hôpital de Souk El Tenine, annoncé depuis 2011, l’on est toujours au point zéro ; un projet mort-né surtout avec le gel de beaucoup de projets structurants au niveau de la wilaya, conséquence directe de la chute du prix du pétrole.
Hocine T.

