L'année 2015 n'est pas finie et le bilan des accidents de la circulation est effrayant dans la wilaya de Boumerdès.
Au total, pas moins de 90 décès et 2 363 blessés ont été officiellement comptabilisés. C’est le commentaire qu’on peut faire à partir des nouveaux chiffres communiqués par la direction départementale de la Protection civile. «Par rapport à l’année précédente, l’insécurité routière est en augmentation de 13%, puisque nos services ont enregistré déjà en huit mois, plus de 4 900 interventions pour un total de 2 690 accidents routiers», nous a fait savoir, avant-hier, le responsable du bureau des statistiques de ladite instance administrative, le capitaine Moknine. Après quelques années de baisse consécutive, le nombre d’accidents sur nos routes est reparti ainsi à la hausse, constatera t-il avec dépit. Le nombre d’interventions sur les principales routes nationales traversant la wilaya a atteint 3 951, pour un total de 2 125 accidents de la circulation entre janvier et octobre derniers. 68 décès et 1 978 blessés ont été alors, comptabilisés avec des taux respectifs de 15 à 20 % d’enfants et de femmes victimes de cette folie au volant. Ces drames sur les mêmes routes nationales avaient occasionné en outre, d’importants dégâts matériels: endommagement entier ou partiel de 2 865 véhicules légers, 298 véhicules lourds, 68 bus, 105 motocyclettes et (05) tracteurs. «Les pertes financières causées à la collectivité sont, elles, inestimables», notera le capitaine Moknine, en précisant que les structures étatiques concernées se trouvent maintenant en face de décès collectifs, voire de familles entières. La responsabilité du drame incombe généralement aux automobilistes tenus, et pour cause, de respecter le code de la route et de réduire la vitesse, notamment au niveau des ponts noirs, et qui sont identifiés depuis longtemps dans cette wilaya. Il s’agit de ceux de la RN5, entre Tidjelabine et Thenia, à l’instar de Oued Lahdjel, Hai Louz et de l’ex Ferme Raoul, avec leurs descentes et virages extrêmement dangereux, et de deux autres de même structure topographique, au niveau des routes nationales 12 et 24, à l’exemple de Chender et de Oued Ghraba, relevant respectivement des communes de Naciria et de Dellys. Deux autres points noirs se trouvent, chose paradoxale, au niveau du tronçon départemental de l’autoroute Est-ouest : il s’agit des virages dangereux d’Ouled Ouali et Djerardia, près de Larbaatache, où deux accidents de la circulation, pour cause du dérapage du véhicule, avaient occasionné au total 11 morts, dans un intervalle de deux semaines au mois de septembre dernier. Cette large route automobile était également, durant ces dix derniers mois, le théâtre de 575 interventions pour 284 accidents ayant occasionné au total 22 décès et 261 blessés, avec des taux de 30 à 55% d’enfants et de femmes victimes de tels drames. Tant à Boumerdès que d’autres wilayas, les services de la Protection civile disposent aujourd’hui d’un nouveau matériel de désincarcération pour un prompt secours des personnes prisonnières de véhicules accidentés, en plus des ambulances médicales en vue d’assurer les soins d’urgence aux blessés. Mais pour atténuer ce fléau causant chaque année en Algérie prés de 4 000 morts et des centaines de blessés, la priorité doit être donnée à la prévention. Et c’est dans ce cadre que seront organisées les journées de sensibilisation sur les accidents routiers, entre le 9 et 13 du mois courant, à la maison de la culture Rachid Mimouni du chef-leu de wilaya de Boumerdès, avec la présence du ministre des Transports, Boudjemaa Talai, et de la wali, Nouria Yamina Zerhouni, pour le coup d’envoi, a-t-on prévu .
Salim. Haddou
