Depuis hier, des cours d’alphabétisation pour adultes en langue amazighe sont dispensés à Tizi-Ouzou.
L’initiative du haut commissariat à l’amazighité (HCA) avec le concours de l’association Iqraa, a été accueillie avec joie par les adhérents inscrits dans les deux classes concernées par ce nouveau programme au chef-lieu de la wilaya. Il était 9 heures lorsqu’a commencé le premier cours en Tamazight dans le cadre du programme d’alphabétisation pour adultes au niveau de la salle mise à la disposition de l’association Iqraa au CEM Mouloud Feraoun de Tizi-Ouzou. Deux enseignantes ont prodigué le premier cours d’alphabet à une cinquantaine de personnes présentes sur les lieux. Ainsi et comme prévu, c’est hier que le coup d’envoi de l’année scolaire d’alphabétisation en Tamazight a été donné à Tizi-Ouzou, comme dans huit autres wilayas du pays. Le programme en question est élaboré par le haut commissariat à l’Amazighité (HCA) en collaboration avec l’association Iqraa. Dans la wilaya de Tizi-Ouzou, «deux classes de 25 adhérents chacune seront ouvertes chaque mardi pour des leçons de Tamazight», souligne le secrétaire général de l’association, Hocine Khelid. Il soutient néanmoins que l’élargissement de ce genre d’enseignement à travers les autres classes que comptent l’association, notamment au sein des autres localités, est bien souhaitable. Une opération qui pourra être concrétisée avec le concours de la direction de l’éducation, soutiendra le même représentant de l’association. Car avant l’arabe et le français déjà enseignés pour les adultes à Tizi-Ouzou dans le cadre du programme d’alphabétisation, «la demande de l’apprentissage de tamazight à longtemps été exprimée par les adhérents». Chose qui n’est d’ailleurs pas surprenante vu qu’elle est leur langue maternelle et le besoin de la transcrire et l’écrire ne pouvait que se faire sentir. Le coup d’envoi donné hier, pour l’année «scolaire» s’est fait en présence de représentant de la direction de l’éducation locale, du directeur du CEM Mouloud Feraoun, d’inspecteurs de Tamazigh des trois cycles scolaires en plus bien évidement des adhérents et autres représentants de l’association Iqraa. La venue des inspecteurs a ainsi permis un accompagnement aux deux enseignantes chargées de prodiguer les cours.
L’association ambitionne d’élargir l’enseignement vers d’autres localités
Pour les adhérents de tous âges venus y prendre part, la joie et la satisfaction se laissaient lire sur les visages et se faisaient facilement deviner par l’interactivité qui a marqué la première leçon. Les «élèves» prenaient en effet du plaisir à réciter les lettres, puis à donner des exemples de noms débutant par ces dernières, à la demande des enseignantes. «Apprendre à lire et à écrire en Tamazight me permettra d’aider mon petit fils dans ses devoir de Tamazight justement», se réjouissait une dame d’un certain âge. Elle sera tout de suite rejoint par une autre qui affirmera que «pour une première leçon, cela me semble un peu compliqué mais on ne peut que s’en sortir vu que c’est notre langue et que nous maîtrisons déjà le parler». De son côté une jeune fille membre de l’association Iqraa explique : «Ici, nous avons comme adhérentes beaucoup de femmes d’un certaine âge qui font de la poésie en kabyle. Elles parviennent à écrire leurs vers en arabe ou en français. Et maintenant, elles ont l’espoir de pouvoir le faire en kabyle. Une chance, puisque chacune d’elle dispose d’un trésor, que ce soit les comptes ou poèmes qu’elles souhaitent bien partager». Le secrétaire général de l’association souhaite, pour sa part, pouvoir élargir l’enseignement de Tamazight à d’autres catégories de la société locale et pas uniquement pour les analphabètes. «Si nous parvenons à stabiliser ces deux classes, chose dont nous ne doutons pas, on tentera de toucher d’autres personnes. Car je suis sûr que beaucoup de personnes seront intéressées», soulignera-t-il. Hocine Khelid rappellera à l’occasion que l’association compte au niveau local quelque 5 500 adhérents encadrés par 192 enseignants. Il déplore néanmoins une importante demande d’adhésion non encore satisfaite, notamment dans les régions les plus enclavées, pour cause de manque d’enseignants.
Tassadit Ch.

