De retour du SILA X-files, Sadiya n l’Euro et ses compagnons retrouvent une Taddart encore plus enivrée par les culbutes politico-médiatiques. Cette fois, l’arithmétique s’invite à la valse chérie de la Besace. Le chiffre 19 noirci toutes les Unes et intègre toutes les ondes. Comme «19» est anodin et, surtout, n’évoque rien à personne, on nous servira du 22 moins 03. L’opération arithmétique réussira à mettre en avant le chiffre «22», tout en zappant le quelconque «19». Ce faisant l’historique groupe des 22, le comité des 5 qui s’ensuivra et le sublime baroud qui en découlera le 1er Novembre 54 sont amalgamés aux 19 signataires d’une demande d’audience adressée par des Algériens à leur Président, pourtant élu et soutenu par les mêmes 19 moins quelques poussières, à l’époque où «l’escargot entêté» n’avait pas encore montré ses jambes sur les plateaux de Ghouroub-tv. Bien évidemment, l’omnipotent Instrument à Percussion s’empressera de répondre à la demande d’audience qui ne lui avait pas été adressée. Il invitera la meneuse des 19 à ne pas perdre.
Lhasun, tant que le brouillon de la constitution n’est pas mis au propre, les tympans de taddart subiront le boucan de la derbouka et les prétentions démesurées des «ex futurs» recalés à l’examen de gouvernance. En attendant que cela advienne, Sadiya n l’Euro et ses compagnons sont partis à la quête d’un peu de finesse. Ils partent à la rencontre de Si Mohand Oumhand. Ils atterrissent en 1890. Le Amedyaz à la quarantaine bien arrimée. Ils le retrouvent adossé à un figuier savourant le panorama féerique de cette Kabylie maritime en ce mois de mai. Le poète rembourre une pipe.
«Azul à Si Mohand Oumhand !», s’annonce da Militant. Le troubadour lève la tête, ne voit personne, sourit et se dit : «nom d’une pipe ! asefsi-agi i sehha (ce haschisch est terrible)»
– Non, ta pipe n’est pas en cause, reviens à la charge da Militant avant d’expliquer au poète qui il est, qui sont ses compagnons et d’où ils viennent
– Dites, de là où vous venait, mazal-tt fransa ?
– Non, on l’a chassée !
– Vous avez réussi !! Ihuh, je suis fier de vous… de moi… de nous tous.
– Tu vas où comme ça ?
– Je ne sais pas encore. Mais je sais que : « Gulagh seg Tizi-uzu/ Armi d akfadu/ ur hekimen deg-i akken llan/ Ad nerrez wala ad neknu/ Axir da3wessu / Anda ttqwiden ccifan/ Del gherba tura deg qeru / Gulegh ar n nfu /wala laquba gar ilfan (J’ai juré que de Tizi-Ouzou Jusqu’à Akfadou/ Nul ne me fera subir sa loi / Nous nous briserons / Mais sans plier / Plutôt être maudit/ Quand les chefs sont des maquereaux. / L’exil est inscrit au front /Je préfère quitter le pays / Que d’être humilié parmi ces pourceaux)
T. O. A t. ouldamar@yahoo. fr
