Béjaïa À l’appel de leur syndicat affilié à l’UGTA – Les chauffeurs de taxis en grève illimitée

Des dizaines de taxieurs exerçant dans la ville de Béjaïa ont entamé, hier, une grève illimitée, à l’appel de leur syndicat affilié à l’UGTA, pour protester contre les conditions lamentables dans lesquelles ils exercent leur métier et dénoncer par la même occasion « le laxisme » de la direction des transports de la wilaya.

Le recours à cette action de protestation par les chauffeurs de voitures jeunes a été décidé à l’issue d’une assemblée générale tenue le 10 novembre dernier et ayant regroupé au siège de l’union de wilaya, des délégués et représentants des taxieurs de plusieurs communes de la wilaya de Béjaïa, selon un procès verbal de cette réunion remis à notre bureau. Ces protestataires, qui se sont rassemblés hier à proximité du stade Benallouache, dénoncent avec virulence «le non respect» du règlement intérieur par certains taxieurs et le refus de la commission de discipline de sévir contre les chauffeurs désobéissants. «Notre syndicat a élaboré un règlement intérieur pour une bonne gestion du métier de taxieur, après avoir constaté plusieurs dépassements commis par certains chauffeurs de taxi. Nous avons soumis ce règlement au directeur du transport de la wilaya le 16 août dernier. Ensuite, ce responsable, qui a reçu notre délégation, le 25 du même mois, a désigné Zaïmi Zoubir, représentant de notre syndicat, et Azil Khaled, inspecteur général auprès de la direction des transports pour l’étude et le perfectionnement du règlement intérieur du métier de taxieur, lequel règlement a été finalisé le 19 septembre 2015. Toutefois, lorsque nous avons soulevé à la commission de discipline, créée pour veiller au respect de ce règlement intérieur, quelques infractions commises par certains taxieurs, elle a refusé de sévir», ont déploré des représentants de la section syndicale des chauffeurs de taxis de la commune de Béjaïa. Pire, selon ces protestataires, plusieurs «dépassements dangereux» ont été commis lors de la réunion de cette commission de discipline. Parmi les dérapages dénoncés par les taxieurs en colère, «la désignation d’un membre de cette commission par délégation du syndicat ONTA, lequel s’est autoproclamé président d’une commission parallèle», s’est-on indigné tout en précisant que «ce membre est poursuivi en justice par le syndicat des taxieurs de Béjaïa, affilié à l’UGTA, pour «insulte et agression sur autrui». Par ailleurs, les taxieurs grévistes déplorent la décision prise par cette commission, qui a décrété une «amnistie générale» à tous les chauffeurs de taxis ayant enfreint le règlement intérieur. Ce «laxisme», selon ces protestataires, a ouvert la porte à une situation d’anarchie. L’autre problème qui ronge ces taxieurs agréés est la concurrence déloyale que leur livrent les «clandestins». Ces derniers, indique-t-on, «ont envahi certaines gares routières et activent en plein jour et sans qu’ils soient inquiétés par les services de sécurité à cause de la non disponibilité d’une fourrière».

B. S.