Un groupe de citoyens résidant à Aharrach, agglomération périphérique de Raffour, nous ont approchés lundi dernier pour faire part de plusieurs projets d’accompagnement à moitié réalisés et non achevés. Situation qui se répercute négativement sur le quotidien déjà précaire de ces citoyens semi-sédentaires. Nos interlocuteurs qui affichent un mécontentement collectif non feint, ont insisté pour nous faire visiter leur cité située au sud de Raffour et prise en sandwich entre cette agglomération à forte concentration démographique et Assif N’sahel sur une très vaste surface à vocation agricole, composée d’oliveraies et de vergers maraichers. Sur les lieux, nous avions constaté de visu qu’environ une dizaine d’habitations ne sont pas encore raccordées au réseau de l’assainissement, d’où le recours aux incontournables fosses septiques dont la plupart est réalisée à proximité de puits, qui servent à l’irrigation et à l’alimentation en AEP, sachant que la distribution de ce précieux liquide est complètement déréglée, selon nos accompagnateurs qui affirment recevoir de l’eau tous les trois à quatre jours dans leurs robinets. L’infrastructure suivante à moitié réalisée est la principale voie d’accès entre Raffour et l’école primaire Amarouche Mohamed non revêtue en bitume, dont le tronçon d’Arafou a été complètement saccagé par le passage d’un récent réseau d’assainissement. La non-remise en état des lieux sur ce tronçon le rendra impraticable aux premières averses et posera un sérieux problème aux propriétaires d’oliveraies, sachant que la campagne de ramassage d’olives serait lancée dans les prochains jours.
Cela ajouté aux fossés de drainage des eaux pluviales qui, faute d’entretien, sont complètement obstrués et hors d’usage le long de cette voie d’accès. La contrainte suivante soulevée est celle des câbles électriques de la ligne de distribution dont la moitié n’est pas changée en torsadé et qui affiche une inquiétante usure avec en prime un pilon en bois situé au milieu d’un groupe d’habitations fort incliné lequel constitue une sérieuse menace.
Le même état de dégradation est aussi constaté sur l’éclairage public, lui aussi à moitié réalisé ; ce qui en rajoute à l’insécurité qui règne en ces lieux isolés dès la tombée de la nuit. Nos interlocuteurs nous apprennent aussi que le ramassage d’ordures se fait une fois par semaine avec un manque de bacs à ordures. Le recours aux traditionnels bacs qui sont des futs en fer découpés fait que les diverses espèces de bêtes sauvages et errantes les éparpillent en y fouinant à la recherche de nourriture, ce qui en rajoute à la pollution des lieux. La dernière dégradation d’ouvrages d’utilité publique qu’on a relevée avant de quitter les lieux est celle du canal d’irrigation envasé et obstrué par endroits.
Ce canal dont le captage est Assif Ouakour, sert à l’irrigation de vastes surfaces agricoles dont des fermes EAC. Il est réalisé à la traditionnelle de manière rudimentaire, d’où d’énormes pertes d’eau et une sensible baisse du débit. Par conséquent, les vergers situés à l’extrémité de ces surfaces en bordure d’Assif N’sahel, ne reçoivent plus aucune goutte d’eau ; d’où une notable baisse de leurs exploitations. Un ensemble de contraintes qui nécessitent une urgente prise en charge, soit avant l’arrivée des violentes perturbations climatiques.
Oulaid Soualah
