Le creusement dans le déficit budgétaire se consacrera également pour l’année 2016. Malgré que les dépenses budgétaires soient en baisse de 09% par rapport à l’année 2015, ceci ne peut compenser le creusement croissant des déficits budgétaires, de la balance commerciale de celle des paiements. Ce déséquilibre est induit, bien évidement, par la baisse structurelle du prix du baril du pétrole. Même si le gouvernement table sur une croissance de 4,6% du PIB pour 2016, ce dernier ne pourra aucunement atteindre son niveau de 2014, en raison des baisses drastiques des recettes pétrolières. Celles-ci ont baissé de 50% par rapport à 2014. De ce fait, les 09% de baisse des dépenses budgétaires ne pourraient aucunement compenser l’écart crescendo de la balance commerciale. Un écart qui se répercutera sur le budget de l’État ainsi que sur la balance des paiements, réduisant de facto toute marge de manœuvre structurelle du gouvernement. Ajoutant à cela, les mesures, qui ont été prises par l’exécutif afin de consolider le budget de l’État pour 2016, seront neutralisées dans une large proportion par l’inflation qui sera de l’ordre de 4% pour la même année. Dans le sillage de contourner tout déséquilibre dans le budget de l’État, causé par cette crise économique, le gouvernement a procédé à la bancarisation de la masse monétaire qui circule dans l’informel. Il a été également question de la rationalisation des importations qui connaissent une croissance exponentielle ces dernières années. Mais, il s’agit là de mesures dont l’impact ne peut se faire ressentir dans l’immédiat, or que le gouvernement est astreint à agir en temps réel pour contourner le choc qui s’annonce, causé par le creusement structurel du déficit budgétaire de l’Eat. Comme stratégie de contournement de ce choc, le gouvernement n’aura qu’une marge de manœuvre de 03 années. Pour équilibrer le budget de l’État, ce dernier est astreint à injecter plus de 50 milliards de dollars (manque à gagner causé par la chute des exportations hydrocarbures), durant ces années de marge de manœuvre. Bien évidement, cette cagnotte de 50 milliards de dollars sera extraite des réserves de changes ainsi que du fonds de régulation des recettes (FRR), dont les montants seront respectivement, pour fin 2016, de l’ordre de 120 milliards de dollars et de 10 milliards de dollars. À partir de 2018, le gouvernement n’aura aucun sou pour alimenter les déficits du budget de l’État. Ceci, tout en sachant que les transferts sociaux pour 2016 augmenteront de 7,5% pour atteindre 23% du budget de l’État. De ce constat, une interrogation est légitime : Le gouvernement sera-t-il en mesure de maintenir à la fois cette cadence des transferts sociaux, tout en maintenant les investissements publics dans cette conjoncture de rareté de ressources financières ? Ceci, tout en sachant que toute diminution ou suppression de ces transferts sociaux est susceptible de créer de grandes tensions sociales pouvant même remettre en cause l’existence de l’État. Pour les experts en économie, le gouvernement aurait dû anticiper cette situation. L’aisance financière dont a bénéficié le pays cette dernière décennie aurait pu servir la croissance économique hors hydrocarbures, en stimulant les investissements privés et publics. Il s’agit d’une situation paradoxale : 900 milliards de dollars, de dépenses publiques, depuis l’année 2000 (à raison de 50 milliards de dollars annuellement), pour une croissance ne dépassant pas les 5%. Et 50 milliards de dollars représentent 25% du PIB du pays. C’est-à-dire, l’État injecte chaque année 25% du PIB pour une croissance annuelle ne dépassant pas les 05%. Il s’agit là d’un investissement qui génère la moins value et non pas la plus value. Autre situation paradoxale, l’État injecte annuellement 25% du PIB pour stimuler la croissance, alors que les déficits budgétaires dépassent parfois les 20% du même PIB, et non pas les 03% comme ça fonctionne dans les économies développées.
Rachid B.
