La Dépêche de Kabylie

Béni-Djaâd, un village déshérité

Le village de Béni Djaâd, dans la commune d’Amalou, est perché sur une protubérance de la montagne d’Achtout, à environ 1 000 m d’altitude. Distant de 9 km du chef-lieu communal, ses habitants sont confrontés à la dure réalité d’une vie misérable caractérisée par le dénuement, la pauvreté et le manque de développement substantiel. En pleine période hivernale où la neige et les gelées sont quasi-permanentes pour toute la saison, les villageois sont confrontés à la cherté des produits de première nécessité. La bouteille de gaz se vend parfois jusqu’à 260,00 DA, ce qui contraint les habitants à se rabattre sur le bois. Le problème de transport afférent aux déplacements des personnes se pose avec acuité de par l’insuffisance des fourgons. La plupart des gens qui ont des véhicules les utilisent comme gagne-pain et rendent par là même, service à la population, notamment les commerçants dont la majorité font les clandestins à l’occasion. « Chez nous, quelqu’un qui a raté les fourgons matinaux, qui ne reviennent que l’après-midi, n’a plus le choix au milieu de la journée : s’il n’a pas trouvé de place dans un véhicule clandestin, il doit se contenter de la benne d’un véhicule utilitaire », se lamente un citoyen. Continuant dans la foulée, il met en évidence les voies de communication qui sont dans des états de dégradations avancées. « La route principale, les rues et venelles du village deviennent de vrais bourbiers en hiver et poussiéreuses durant les grandes chaleurs. Truffées de saillies, de nids-de-poules et de ravinements, elles sont difficiles d’accès à pied ou en voiture », se désole-t-il. Il ne s’arrête pas là puisqu’il a mis cette fois-ci en avant un problème crucial qui affecte beaucoup les montagnards : celui de la distribution de l’eau qui se fait parfois rare en été. « L’eau est inexistante dans les foyers. Les gens se contentent de deux lugubres fontaines. Par manque d’entretien et d’aménagements appropriés, leurs eaux sont devenus fades. Nous voudrions avoir cette commodité dans nos habitations pour peu que nos autorités locales le décident », renchérit-il. Abondant dans le marasme que vivent au quotidien ses pairs, il cite l’absence d’un centre de soins et d’un bureau de poste. « Pour des soins infirmiers ou une consultation médicale, qu’il neige et qu’il vente ou sous un soleil de plomb, nos malades se déplacent jusqu’à Béni Maouche ou Amalou quand ce n’est pas l’hôpital d’Akbou si l’état du malade est jugé sérieux », regrette-t-il. Il ajoute : « Le manque d’un bureau de poste nous oblige aussi, pour poster une lettre ou retirer un chèque ou un mandat à aller des kilomètres, au bureau de poste le plus proche pour effectuer ce service ». Pour ce qui précède, beaucoup de villageois fuient cette misère noire qui leur colle à la peau dans cette contrée reculée de la wilaya de Béjaïa, car considérée comme la plus enclavée et déshéritée, pour aller vivre en ville ou émigrer à l’étranger où les conditions de vie sont meilleures.

L. Beddar

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