“Mayzeglik Sidhi H’lal, Sidi El Messaoudh Dhel Mendehd” est un célèbre dicton originaire de ce village situé à la limite du territoire du Arch Amchedal et Arche Iouakouren. Ce village, comme ceux d’Iouakouren, a subi de plein fouet les sept années de guerre et la férocité des soldats français. Tout comme n’importe quel village kabyle, il comptabilise des dizaines de martyrs. Ighil Hammad a même vécu un véritable carnage qui a fait treize victimes, un jour de 1958, à titre de représailles par l’armée française après qu’un garde forestier eût été abattu par les moudjahidine prés du lieudit “Taghourest Iroumyen” (abattu parce qu’il surveillait le déplacement des villageois et recueillait des renseignements pour l’ennemi). Les villageois n’ont pas cédé à la peur et ont continué à soutenir avec courage et bravoure les moudjahidines. Ce village était un passage obligé, un lieu de transit et de ravitaillement, ce qui a contraint l’armée coloniale à le détruire complètement et à évacuer la population vers le sinistre camp de concentration de Saharidj, déclarant alors Ighil Hammad zone interdite pour les civils. Avant sa destruction, ce village comptait plusieurs saints tels que Sidi Ahmed, Sidi H’Ial, Sidi El Massoud et dont les croyances populaires de l’époque faisaient qu’à chaque fête religieuse et de manière collective les vieilles du village se rendaient “chez” ces saints pour allumer des cierges et brûler de l’encens (El djaoui) pour conjurer le mauvais sort en implorant leurs bénédictions. Le nom d’un personnage (Mohand Arab) qui serait un éminent homme de lettres revient dans la discussion de ces villageois et ceux que nous avions approchés étaient incapables de nous donner de plus amples informations sur ce qui a bel et bien existé. Les citoyens de ce village ont bien enclenché un mouvement de retour après l’indépendance, un retour intelligemment préparé car ils ont commencé à solliciter les pouvoirs publics pour la réalisation d’infrastructures et équipements indispensables, lesquels seront par la suite tous accordés et réalisés tels le bitumage de la route, l’électricité, une école primaire et le dernier projet en date est le raccordement en AEP. De ce fait, de nombreux villageois, parallèlement à ces réalisations, ont commencé à reconstruire leurs maisons. L’avènement du terrorisme les a arrêtés net ; l’insécurité a brisé leur élan à mi-chemin. Aux dernières nouvelles, le dit village a bénéficié d’une importante enveloppe dans le cadre du programme PPDR et les décisions individuelles auraient été remises aux bénéficiaires.
Omar Soualah
