Pour ce cinquante septième anniversaire de la célébration de la bataille du 6 janvier, dite la bataille de Bougarfène, les autorités locales veulent que cet événement ait un écho dépassant la commune. Ainsi, l’APC, en collaboration avec l’Organisation locale des Moudjahidines et les associations des fils de chahids, a déjà dévoilé une partie du programme. À ce sujet, un membre de l’exécutif communal nous confiera que quatre martyrs inhumés à Tizra Aissa, non loin du lieu de la bataille, seront exhumés le quatre janvier prochain avant d’être ré-inhumés le six janvier au carré des martyrs baptisé «carré des martyrs de la bataille du 6 janvier 1959». «Deux de ces quatre martyrs sont de la région. Ils appartiennent aux familles Méziani et Batatache. Un autre, on dit qu’il s’appelle sergent Slimane et un autre non identifié», nous expliquera ce même représentant de l’APC. Ce dernier ajoutera qu’en plus de cette activité il y aura de nombreux invités qui viendront des quatre coins du pays, d’autant plus que cette bataille était l’une des plus grande batailles qu’avait connues la révolution algérienne. Par ailleurs, en plus de cela, des témoignages sont au programme et il y aura aussi la projection du documentaire justement réalisé sur cette bataille. D’autres activités sont en cours de préparation. «Le programme est encore ouvert. Nous venons d’en dévoiler qu’une partie parce que nous attendons d’autres avis et d’autres initiatives», conclura notre interlocuteur. Pour rappel, la bataille du 6 janvier 1959 eut lieu à Ighil El Vir au lieu-dit Bougarfène et dans tous les villages d’Aït Yahia Moussa. C’était le jour où de nombreux officiers, dont le colonel Amirouche, s’étaient donnés rendez-vous pour tenir une réunion d’une grande importance à Iâllalen dans le village de feu colonel Krim Belkacem. Mais les services de renseignements français de l’époque avaient eu vent de cette rencontre. Fort heureusement, le capitaine Si Moh Nachid, de son vrai nom Oudni Aomar, avec d’autres combattants de l’ALN purent les éloigner jusqu’au Djurdjura. Alors, l’armée française avait déclenché une vaste opération mobilisant des milliers de soldats à terre et plus d’une trentaine d’avions de chasse. Ce fut alors une rude bataille. Pas moins de 385 martyrs étaient tombés au champ d’honneur alors que plusieurs civils étaient tués au cours des bombardements. Même l’armée ennemie avait laissé des plumes en perdant le capitaine Grazziani, le tortionnaire de nombreuses militantes algériennes, dont Louisette Ighilahriz et bien d’autres, et le lieutenant Chassin, tous deux capturés vivants au cours des combats engagés au corps à corps. Depuis, toute la région avait été classée zone rouge et des postes de contrôles militaires avaient été initiés dans tous les villages dans cette vaste contrée, où les maquisards de l’ALN avaient souvent donné du fil à retordre aux militaires français à l’instar de la bataille du 5 mars 1959. Y aura-t-il quelque chose qui sera fait pour récupérer les ossements des 47 personnes ayant fui les combats, ce jour-là pour se cacher dans un tunnel au lieu-dit Afroun à Assif N’ Tletta, gazés par les militaires français avant de leur bétonner la seule entrée vers ce tunnel?
Amar Ouramdane
