Le village agricole de Lota, dans la commune de Souk El-Tenine, comme l’indique si bien son substantif sciemment, connu pour ses activités et autres exploitations agricoles atteignant son apogée durant la fameuse période de la révolution agricole, est en passe de végéter sournoisement dans un climat de léthargie et d’incurie quasi insaisissable sans que cela émeuve outre mesure les services concernés. Cette situation d’inertie se fait ressentir à travers l’état d’abandon avéré dans lequel se trouve l’ex OREVIC, l’office régional des viandes et de conservation.
Cet office, qui fut jadis un joyau de l’économie locale, se fait aujourd’hui des gloses de toute part pour sa gestion incongrue des terres agricoles, dont le rendement est au ras des pâquerettes. Les agriculteurs n’ont pas manqué d’interpeller les autorités locales à maintes fois pour mettre le HOLA à ce qui s’apparente à s’y méprendre d’incurie ayant duré plusieurs années.
Ce cas de figure de laisser-aller dessert inexorablement les exploitants agricoles qui regrettent l’état d’indifférence dans lequel se trouvent les vergers à l’image des deux hectares d’orangers et les quelques autres champs d’oliviers. Même le patrimoine historique n’a pas échappé à la règle, telle cette ferme coloniale des pères blancs qui est dans un état à la fois piteux et miteux et au lieu d’être cédée aux grands promoteurs, tel que Rebrab, pouvant générer de l’emploi et de la plus-value, se trouve entre les mains de nababs et autres clients de la rente. Pour rappel, cette ferme, datant de l’époque coloniale, est constituée de grands hangars qui étaient foncièrement utilisés pour l’élevage. Elle fut par ailleurs, investie par les italiens durant de nombreuse années avant de prendre la poudre d’escampette laissant derrière eux tout leur attirail agricole en raison de la décennie noire qu’a vécu le pays, marquée par un climat d’insécurité et d’actes terroristes sanguinaires. Est-il utile de souligner en somme que cette situation d’immobilisme qui n’a que trop duré peut-être qualifiée d’irresponsabilité et de détachement des services concernés qui n’ont pas daigné remédier à la situation peu reluisante en exploitant les terres agricoles, en procédant à l’aménagement et à la relance des services de l’ex OREVIC, et la sauvegarde du patrimoine historique, afin de pouvoir sortir l’agriculture de cette ornière en encourageant le travail de proximité pour le développement local des espaces ruraux à travers l’intégration, l’insertion et l’identification des projets.
B. Mokrani

