On ne peut circuler sur aucune route de la commune sans enjamber des quantités importantes d’eau, provenant de cassures des conduites suite à des travaux initiés par des entreprises ou des particuliers, peu soucieux de préserver ce liquide si précieux. Même s’il ne pleut pas, les rues de la ville sont constamment inondées d’eau. On croirait que de nombreux commerçants ne sont pas rebutés par les factures de l’ADE que le commun des citoyens juge pourtant élevées. Les trottoirs de la ville de Aïn El Hammam sont constamment mouillés par la grâce des commerçants qui ne lésinent pas à gaspiller le précieux liquide, distribué avec parcimonie en cette période de soudure. «C’est pour éviter la poussière», nous dit un marchand d’habillement, tuyau d’arrosage en main. Cela ne va pas sans créer des désagréments aux passants et même aux automobilistes qui reçoivent le jet sur leur véhicule. L’eau qui dévale de la rue Bounouar et des hauteurs de la rue Colonel Amirouche rejoint le centre-ville appelé «la place», dont l’asphalte devient glissant et dangereux aux piétons. L’écoulement inonde la chaussée, dont les nids de poule deviennent des mares que les roues des voitures se chargent de vider en éclaboussant les alentours. Pour éviter des souillures sur son étal, un marchand de fruits, au niveau de la place, s’est vu contraint de remplir les réceptacles avec du sable. «Laver sa devanture et même le trottoir est en soi une louable initiative. Mais qu’on le fasse de nuit pour éviter toutes ces nuisances», indiquent les passants, las de patauger dans de la boue alors qu’il ne pleut pas. Sur la route nationale menant d’Aïn El Hammam à Souk El-Had, de grandes quantités d’eau jaillissent du sol en plusieurs endroits. Un riverain nous confie que «ces sources», dont certaines datent de près d’un mois, coulent ainsi jour et nuit. «Tant qu’il ne gèle pas, ce sont les ménages, seulement, qui ressentiront une baisse de pression dans leurs robinets», estime notre interlocuteur qui connait les conséquences du verglas sur l’asphalte, lorsque les températures baissent. Les ménages continuent à subir des restrictions sans aucune amélioration depuis des années. Les jerricans, servant de réserve entre deux coupures, sont toujours de mise. L’eau ne coule dans leurs robinets qu’un jour sur deux, pour les plus chanceux. La facture bimensuelle de l’ADE ne doit pas être le seul critère qui devrait motiver nos concitoyens à économiser cette eau si rare dans de nombreuses régions.
A. O. T.
