“Nous sommes prêts à abandonner nos mandats, mais seulement dans le cadre d’une élection anticipée à l’échelle nationale”Après le groupe des “indépendants”, c’est au tour du groupe FLN de l’Assemblée populaire de wilaya de Bgayet de s’aligner sur le positionnement du parti majoritaire.Ses intentions par rapport à la problématique de l’abandon des mandats, tel que souhaité par le gouvernement dans le cadre de ses accords avec le mouvement des archs, sont désormais clairement formulées.“Nous sommes prêts à abandonner nos mandats, mais seulement dans le cadre d’une élection anticipée à l’échelle nationale”, clame Mouloud Ouerdani. Le chef du groupe FLN à l’APW de Bgayet s’exprimait hier à la faveur d’une courte parenthèse ouverte lors de la conférence de presse convoquée par Hamid Ferhat, président de l’APW. Il précise qu’il se fait le porte-parole de la “décision prise au niveau du parti lors de la réunion de vendredi dernier”.Une déclaration qui lève enfin le voile sur les projets de l’ancien parti unique qui s’était contenté jusque-là de quelques chuchotements vaseux.Interrogé par la Dépêche de Kabylie, le mouhafadh et néanmoins “député” de Bgayet, Hocine Mouzaoui, s’était contenté d’une simple prériphrase. “On ne peut que nous soumettre aux lois de la République”, avait-il seulement déclaré à l’issue de la réunion des élus du parti à laquelle fait allusion Mouloud Ouerdani.Ancien officier de l’ALN, ce dernier est une des figures de proue du FLN dans la wilaya de Bgayet qui fait preuve d’une longévité remarquable au sein des institutions élues. Outre qu’il les présente lui-même comme étant le fruit du consensus qui a sanctionné la réunion des élus, ses propos passent, aux yeux des observateurs, pour être fidèlement représentatifs du point de vue dominant parmi ses pairs. Les quatre élus issus de listes d’indépendants avaient de leur côté abondé dimanche, à l’ouverture de la session de l’APW, dans le sens d’un clair refus de l’idée de l’abandon des mandats, à travers une véhémente déclaration empruntant aux accents du FFS et du PT. De fait, une sérénité remarquable a régné sur les travaux de cette session de l’APW qui a vu le FFS s’être conforté dans son positionnement par les élus de la minorité. Le spectre de la “révocation” fait souder les élus de tous bords dans une fervente union sacrée. Familier du langage fleuri, le P/APW avait ainsi parlé de “gauche plurielle” pour qualifier l’auguste assemblée.Flanqué du représentant du groupe FLN, il a, à travers sa conférence de presse, longuement vilipendé la politique du gouvernement. “Ne connaissant ni les limites du droit ni celles de la morale, les gouvernements se lancent dans une entreprise juridiquement illégale et politiquement dangereuse”, estime-t-il.Rapprochant l’idée de la révocation des indusélus aux décrets dessaisissant les APC de la gestion des logements sociaux et à celui instituant une agence foncière centralisée, il estime que l’action gouvernementale tend à introduire une “rupture entre la notion d’éléction et celle de la représentation”. Revenant enfin à son thème favori, il dénonce une vaste “prédation” dans le domaine du foncier et de la gestion des deniers publics. Des dossiers de malversation documentés sont remis à la presse. Nous y reviendrons.
M. Bessa
