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Le campus sud toujours à l'arrêt

Boumerdès ne mérite plus, semble-t-il, l’appellation de ville du savoir.

Ce constat s’impose surtout cette année, quand on voit le retard flagrant du démarrage des cours à l’ex-INIM, au chef-lieu de la wilaya, qui comprend divers départements de sciences technologiques et de langues étrangères. «Officiellement, c’est la période des vacances d’hiver, mais nous n’avions guère besoin de cette quinzaine de jours de repos», avouera une étudiante en troisième année de la filière biologie. Avec dépit, elle expliquera que sa classe n’a eu aucun moment d’apprentissage tout au long du trimestre qui vient de s’achever. Plus inquiétant encore, témoignera-t-elle, «ni la date de la rentrée ni les emplois du temps ne sont affichés au niveau de notre institut». Les étudiants de deuxième année de la branche précitée ainsi que ceux du Master 1 et 2 sont eux aussi privés de l’acquisition du savoir. Les groupes pédagogiques d’autres filières sont eux aussi logés à la même enseigne. «Nous ne ressentons plus, dans cette wilaya, cette joie d’être à l’université», nous ont confié trois étudiants rencontrés, hier, dans la salle de lecture de la maison de la culture Rachid Mimouni. Inscrits en deuxième année d’anglais, ils tentent de rattraper leur retard sans être sûrs d’y parvenir. «Il est possible que l’on améliore son vocabulaire par la lecture des romans et des journaux, mais la linguistique, la civilisation et d’autres savoirs ne s’acquièrent pas par un travail personnel», expliquera l’un d’entre eux. C’est la conviction de tous les étudiants, quelle que soit la filière. Mais là au niveau de ce campus sud de l’université M’hamed Bougara, où une poignée d’élèves cadenasse périodiquement le portail de l’institut sus mentionné réclamant illégalement le rachat pour le passage, le goût des études a été finalement altéré. «Ni l’opinion ni la masse des enseignants concernés n’ont réagi, pour l’heure, face à un tel laxisme de l’administration», se désolent certains inscrits au Master 1. Ils disent prendre conscience de la faiblesse flagrante de leur apprentissage, notamment à cause des paralysies successives de cette institution universitaire. Chose paradoxale et révoltante, bien que l’établissement date d’une quarantaine d’années, il est très mal classé comparativement à plusieurs autres nouvelles universités, y compris celles créées dans des petites villes du pays, n’ayant même pas le statut de chef-lieu de wilaya. Les étudiants du campus craignent, à présent, de vivre une année blanche ou au meilleur des cas un remake des deux précédentes années, jalonnées de turbulences qui ont provoqué un retard dans la programmation des examens et d’autres activités à caractère administratif.

Salim Haddou

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