Vallée de la Soummam Pour se prémunir du froid – Les ménages se rabattent sur les friperies

La dégringolade du pouvoir d’achat n’est pas sans conséquences sur la vie des ménages, issus de la classe moyenne et des couches défavorisées. Ces derniers ne peuvent plus se permettre tout ce dont ils ont besoin, pour mener une vie digne de ce nom. Pour s’en convaincre, il suffit d’arpenter les rayons des grandes surfaces et les étals des marchés hebdomadaires, pour constater de visu que les ménages n’achètent, vraiment, que le stricte vital. «Les prix des produits de large consommation augmentent, et nos salaires de misère ne peuvent en aucun cas suivre ce rythme démentiel!», regrette un père de famille. Le pire est, peut-être, à venir l’année prochaine, avec la hausse annoncée de plusieurs produits et autres services consignés dans le PLF 2016 (projet de loi de finance de 2016). En attendant, la précarisation « annonce », d’ores et déjà la couleur avec des ménages, de plus en plus, incapables de subvenir dans les meilleures conditions à leurs besoins. Le fait que les familles se rabattent sur la friperie, entre autre, est déjà un signe avant-coureur de ce que sera demain pour elles. Effectivement, dans les différents marchés locaux qui se tiennent régulièrement dans plusieurs localités de la vallée de la Soummam, nous avons constaté cette tendance, en ascension constante, à l’achat des habits d’occasion, autrement dit, les fripes. Comme c’est l’hiver, et que les températures chutent drastiquement, les citoyens se rabattent, bien évidemment, sur les habits chauds. Bien entendu, en « comptables » avertis, les chefs de familles « pèsent » chaque sous qu’ils sortent de leurs poches. Les temps sont durs et les magasins d’habillement proposent des vêtements à prix qui ne sont pas à la portée de tous le monde. Une simple veste neuve peut coûter dans la vitrine la bagatelle de 4 500 DA au minimum. Ce n’est pas évident pour un père de famille qui touche, par exemple, 25 000 Da par mois, et qui a plusieurs enfants à charge! La solution reste, donc, la friperie, où ces mêmes chefs de familles peuvent « habiller », cahin-caha, leurs progénitures, certes, pas comme il se doit, nous le concédons, mais cela leur éviterait quand même les lards du froid! Pour aborder les prix proposés dans ces marchés de friperie: les vestes d’occasion peuvent coûter entre 200 et 1 800 DA. Les pulls oscillent entre 350 et 1 200 DA. Les manteaux sont cédés à partir de 800 da. En tout cas, les ménages y trouvent leur compte et toutes les bourses peuvent se permettre ce dont elles ont besoin et ce, dans la mesure de leurs moyens financiers, bien évidemment!

Syphax Y.