La Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) tire la sonnette d’alarme face à la détérioration du pouvoir d’achat des algériens. «Nous somme déjà confrontés à un problème de survie et le front social algérien sera davantage agité dans les mois à venir», a averti la LADDH dans un communiqué rendu publique. «Tous les signaux et les indices convergent vers une détérioration du pouvoir d’achat», a analysé la même source. Ce qui est alarmant, selon la LADDH, c’est qu’aucun groupe de produits n’a été épargné par cette «flambée» de l’indice des prix à l’importation. La LADDH constate que les vendeurs affichent discrètement les prix qui, pour la plupart des produits, dépassent allègrement les 150 DA. En effet, les prix de ces aliments de base, qui font le bonheur durant l’hiver, donnent des sueurs froides aux clients. Les haricots secs sont à 200 DA, les pois cassés à 150 DA, les pois chiches à 200 DA. «Cette hausse des prix à l’importation a concerné l’ensemble des groupes de produits et a été particulièrement importante pour plusieurs produits, notamment alimentaires», a-t-il ajouté dans le même document. La LADDH a attribué cette situation à l’absence d’une véritable concurrence (gel du conseil national de la concurrence dépendant d’un simple ministre du Commerce, alors qu’il devrait être une institution indépendante). «Nous assistons à des tendances monopolistiques faisant que les circuits entre le producteur et le consommateur (les grossistes informels) ont tendance à se rallonger», a-t-il expliqué. De ce fait, la LADDH dénonce une hausse des prix de plus de 15% dans les derniers jours, malgré le rapport semestriel de l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) sur les marchés alimentaires mondiaux, dans lequel il est indiqué que « les prix des principaux produits alimentaires importés par l’Algérie ont enregistré une baisse de 19% sur le marché international ». « Cette situation est entretenue par des lobbies de l’importation agroalimentaire, des hausses intempestives (spéculatives à souhait) qui mettent à rude épreuve le pouvoir d’achat des couches populaire et moyenne et augurent de lendemains plus qu’incertains », a déploré la même source. Les céréales, les légumes secs, les viandes et les produits laitiers ont connu, eux aussi, une hausse de prix inexplicable. La LADDH a attribué cette détérioration de l’inflation du pouvoir d’achat à la présence d’une grande masse d’argent qui circule dans le circuit informel, à la dévaluation du dinar par rapport aux monnaies d’achat à l’extérieur du pays, la faiblesse de la production nationale qui n’est pas à même de concurrencer les produits internationaux, non respect du salaire de base des travailleurs et les exportations algériennes hors hydrocarbures qui ne dépassent pas les 3%, alors que la facture alimentaire est de l’ordre de 11,5 milliards de dollars. La LADDH a déploré la question des salaires qui n’a pas été traitée d’une manière étudiée et légale, conformément aux taux de l’inflation annuel par rapport aux niveaux des prix des produits, notamment ceux de large consommation. Pour remédier au problème du pouvoir d’achat en Algérie, la LADDH insiste sur « des projets d’investissement dans les industries agroalimentaires pour réduire la facture des importations, un système fiscal transparent impartial, moderne et indépendant, ainsi qu’un environnement économique et social qui répond à des règles claires et respectées par tous les intervenants économiques ». La LADDH appelle à éradiquer l’informel et retourner à l’utilisation des chèques bancaires et des factures dans les transactions commerciales, promouvoir la production nationale et aller vers des subventionnements plus ciblés, et baisser l’impôt sur le revenu global. «L’état doit continue à soutenir directement les produits de large consommation», a-t-elle préconisé.
L.O.Challal
