Un nouveau visage pour la localité

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Le rêve caressé par les citoyens, de pouvoir circuler sur des routes débarrassées de toutes les ordures qui les enlaidissent, semble réalisé, du moins pour quelques temps, comme par un coup de baguette magique.

Il a fallu que feu Hocine Aït Ahmed décède pour que tous les moyens soient mis en œuvre pour mettre la région d’Aïn El Hammam, voire toute la haute Kabylie, à un niveau de propreté jamais vu depuis des lustres. Les milliers de canettes et de bouteilles de boissons vides qui trainaient sur toutes les routes ont disparu, comme par enchantement. S’arrêter en bordure de la route pour un pique-nique ou pour, tout simplement, admirer ce paysage qui rappelle la Suisse, est devenu un plaisir aux passants. Les étrangers qui ont découvert la région pour la première fois n’ont pas manqué de relever cet état de fait. L’éternelle décharge de la commune d’Aït Yahia, tant décriée par les riverains et les automobilistes qui la longent, a disparu et n’agresse plus nos yeux. Les engins mis en action, dès l’annonce de l’enterrement de Da L Hocine à Aït Yahia, ont fait disparaitre les détritus sous un amas de terre, en moins d’une journée. Un mur est construit puis crépi, avec une rapidité déconcertante, cache aux yeux des visiteurs le dépotoir dont les abords sont aménagés en parking qui a servi de stationnement à plus de cent véhicules, dont les propriétaires sont venus assister à l’enterrement de Da L’Hocine. «Cachez ce sein que je ne saurais voir», dit Tartuffe. Quant à la route qui longe les lieux, elle a vite repris ses dimensions originelles, sans les ordures qui ne cessaient de la rétrécir. Comme l’a si bien dit Si Said, «nous espérons que ce sera un bon départ pour la propreté de la région». «Da L’Hocine, vivant ou mort, mérite tous les égards. On a beau se démener pour lui donner de belles funérailles que cela ne le ressusciterait pas. Il aurait aimé que l’Algérie entière soit propre et que ses enfants y vivent en paix et en toute démocratie dans un environnement qui leur permettrait de s’épanouir. Ce qui serait le meilleur des hommages à lui rendre» estime Nafa, un sympathisant du FFS. Il faut, maintenant, veiller à garder aux lieux le minimum de propreté car les visites au village d’Aït Ahmed ne s’arrêteront pas de si tôt. Les citoyens de tous bords qui auront l’occasion de se rendre à la daïra d’Aïn El Hammam, ne manqueront pas de faire un tour au village qui abrite la tombe de Da L’Hocine, pour un pèlerinage, non seulement au mausolée de Chikh Mohand Oulhocine, mais aussi pour un recueillement sur la tombe de son petit fils. Le village ne sera plus «oublié», qu’on le veuille ou pas, comme par le passé. Ath Ahmed est sorti de l’anonymat.

A.O.T

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