Depuis avant- hier, le personnel soignant du centre de soins de Souk El-Had, chef-lieu de la commune de Timizart dans la daïra d’Oueguenoun, est en grève en signe de protestation à l’agression verbale et morale qu’a subi une des infermières, avant-hier, pendant l’exercice de sa fonction. Choqué tout le personnel s’est solidarisé avec la victime et a décidé d’une action commune pour attirer l’attention des responsables du secteur sur le volet sécuritaire des infermières, des médecins et autres aides-soignants qui travaillent au niveau du centre, surtout ceux qui font la garde la nuit. «Il faut dire que le centre de soin est situé un peu à l’écart de la ville et se trouve, donc, isolé. Les risques d’agressions sont réels, surtout si l’on sait que beaucoup de jeunes reviennent ivres des bars qui sont en amont du centre de soin. Nous travaillons avec la peur au ventre, car aucun poste de police ou de gendarmerie n’est installé au niveau de la commune. Les plus proches sont à Fréha ou à Tikobain, c’est dire combien notre situation est vraiment à risque !», nous expliquera une des infirmières. «Ce qui vient de se produire remet à jour nos revendications ultérieures, à savoir doter le centre d’agents de sécurité et de cameras de surveillance afin d’éviter que de pareils incidents ne se produisent à l’avenir. Par notre action, nous défendons notre sécurité tant morale que physique, mais aussi celle de nos patients. Pour être efficace, il faut un minimum de conditions, la première d’entres elles c’est la sécurité du personnel», nous dira de son côté un autre infirmier. Il faut dire que le centre de soin de Souk El-Had qui reçoit quotidiennement, de jour comme de nuit, des centaines de patients, souffre cruellement de moyens adéquats pour plus d’efficacité. Souvent, par manque de moyens, certains patients sont envoyés vers le centre duquel il dépend, à savoir celui de Tikobain, chose qui engendre incompréhensions, colères et, parfois, altercations entre la famille du malade et le personnel soignant. «Parfois, certains de nos patients ne comprennent pas que l’on ne puisse rien faire sans moyens. Ils reportent sur nous leur coureaux», ajoutera un autre aide soignant. Ces derniers jours, avons-nous appris, à cause de la défection d’une pompe, le centre a été dépourvu d’eau, élément vital pour l’hygiène des lieux. Pourtant, il s’agissait dans un passé récent d’une extension dudit centre et même de la construction d’un hôpital au niveau du lieu-dit «Ahriq Ouatar», mais rien ne semble venir pour soulager un tant soit peu la population de la commune de Timizart, forte de ses 35 000 habitants sur ce volet de la santé tant ces projets pompeusement annoncés sont reportés aux calendes grecques. Les citoyens continueront encore à subir les aléas de ces manques et à évacuer leurs malades soit vers Azazga, soit vers Azeffoun.
Les comités de village ont fermé la structure hier
La policlinique de Souk El-Hed, chef-lieu de la commune de Timizart, dans la daïra de Ouaguenoun, a été fermée, hier, par les comités de village de la localité. La population locale dénonce, par son action, le manque de moyens humain et matériel alloués à cette infrastructure qui prend en charge tous les malades de la région. Tôt dans la matinée d’hier, des dizaines de représentants des différents comités de village de la localité de Timizart, au nord du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, ont procédé à la fermeture de l’unique établissement sanitaire de la région. La policlinique de Souk El-Hed, en l’occurrence, n’a pas été fonctionnelle hier. Une situation habituelle puisque cet établissement et loin de répondre aux préoccupations de la population locale. C’est, d’ailleurs, ce que nous explique un représentant des manifestants qui parle d’ «un établissement paralysé», soutenant que «la couverture sanitaire dans la commune de Timizart accuse de nombreuses lacunes». Ainsi et selon les explications fournies par le même représentant, ledit établissement sanitaire manque du minimum de matériel indispensable pour la prise en charge des patients et prodiguer les premiers secours à ces derniers. Un manque de matériel qui influe négativement sur la qualité des soins. Ceci, au même titre que le personnel médical jugé lui aussi insuffisant. Le personnel existant, appelé à travailler dans des conditions précaires, se retrouve ainsi soumis à une atmosphère tendue. Car, signale-t-on, la structure prend en charge toute la commune forte de ses 36 villages, et de sa population qui dépasse les 35 000 habitants. La structure est prise d’assaut quotidiennement et doit assurer des consultations médicales, des soins infirmiers, des activités d’aide au diagnostic, de maternité et des urgences médicochirurgicales. La policlinique semble, ainsi, avoir largement démontré ses limites, ceci au grand dam de la population qui a tenté hier, d’attirer l’attention des autorités locales puis des représentants du secteur de la santé au niveau de la wilaya, pour parer à cette insuffisance. Ceci, alors que les projets précédemment annoncés tardent à voir le jour, laissant la population dans le désarroi.
A.S. Amazigh / T. Ch.
