l Classée comme étant une région la plus touchée par le phénomène de suicide au niveau de la wilaya, Chemini donne l’impression de ne pas retrouver ses repères et pourtant, elle a été une terre très attachée aux traditions. D’ailleurs, c’est cette mutation subite entre la vie d’antan et celle d’aujourd’hui qui a fait augmenter la souffrance d’une jeunesse coincée entre les traditions et la nécessité de changement. Résultat : ils ne savent pas où mettre leurs pieds car ils n’ont su préserver leurs traditions qui sont le pilier de tout bon départ. Mais le désir de cette jeunesse de s’ouvrir sur le monde extérieur est plus fort, c’est cette situation qui a fait éclater le bouchon d’une bouteille déjà pleine. Les conditions socio-économiques ne sont pas en reste dans une région montagneuse où tout manque ; pas de lieux de loisirs et non plus des activités économiques rentables qui feront dégringoler le taux de chômage. Ici, tous les ingrédients sont réunis pour former un jeune délinquant. L’incohésion sociale est apparente par le manque de communication au sein de la famille et dans la société toute entière. Généralement, les parents préfèrent étouffer les problèmes auxquels font face leurs progénitures pour éviter les scandales. Et de plus en plus, tout est devenu tabou ; jusqu’à ce qu’un drame survienne, on parle pendant une ou deux semaines puis c’est le silence radio. Et c’est ainsi de suite, en attendant le suivant pour faire gonfler la liste. Des jeunes filles et des jeunes hommes meurent en silence, sans que quelqu’un bouge le petit doigt pour porter assistance à cette jeunesse avant qu’elle n’arrive à la phase de suicide. Des jeunes se noient dans la délinquance, à défaut d’un poste de travail, car ce cercle vicieux du chômage les pousse sans aucun doute au pire des vices.
K. Rili
