La Dépêche de Kabylie

Pas de médecin dans les unités de soins…

Si au début des années 80, le secteur de la santé a été développé par la réalisation d’unités de soins dans les villages importants tels Tafoughalt, Tachtiouine et Iâllalen pour ne citer que ceux-là, ces dernières années ce secteur a pris beaucoup de recul. A l’exception du centre de santé du chef-lieu doté d’un personnel médical et paramédical qu’on peut dire satisfaisant, les unités de soins ne fonctionnent que de manière aléatoire. Certes, les infirmiers qui y travaillent font tout pour satisfaire les patients, mais dans le meilleur des cas, ils se heurtent au manque de moyens, parfois le malade doit acheter lui-même la seringue. Cependant, ce dont souffrent les couches les plus démunies reste tout de même l’absence du médecin dans ces dispensaires. « Depuis des années, le médecin généraliste ne passe plus », nous a dit un citoyen de Tafoughalt. Effectivement, il y a de cela trois ans, un médecin a été recruté pour faire le tour des unités de soins, mais depuis son départ en France, il n’a pas été remplacé. La commune d’Ath Yahia Moussa est l’unique commune parmi toutes les autres où seuls deux médecins de la santé publique et un médecin du secteur privé doivent répondre à trente mille habitants. Dans cette contrée ô combien déshéritée et enclavée, parfois le patient doit faire des kilomètres pour se rendre à Draâ Ben Khedda ou encore à Draâ El Mizan pour une consultation médicale moyennant des dépenses supplémentaires en plus des honoraires versés au médecin et de la facture médicamenteuse. Si les services de la santé ont mis à la disposition du sous-secteur d’Ath Yahia Moussa, une ambulance, il est attendu de ces mêmes services de redynamiser le passage du médecin dans les unités de soins. « Même si le médecin est programmé une fois par semaine, il répondrait au moins à la demande des malades qui ne peuvent pas se permettre des soins chez le privé », a déclaré un membre du comité de village d’Iâllalen. A Ath Yahia Moussa, beaucoup reste à faire dans ce domaine. Pourtant, la société civile a formulé le vœu de voir leur municipalité dotée d’un mini-hôpital car, à partir de dix-huit heures, le centre de santé est fermé. « Le centre ne peut pas assurer les gardes. Pour qu’il le fasse, il faut qu’il change de statut », telle est l’information que nous avons obtenue d’une source proche du sous-secteur. Mais quand-même, à quand ce médecin pour les unités de soins ? se demande-t-on.

Amar Ouramdane

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