Aïn El Hammam Les prix affichés sont montés en flèche en quelques jours seulement – Les matériaux de construction plus chers

Emboitant le pas à de nombreux produits, les matériaux de construction connaissent ces dernières semaines des hausses sensibles accentuant le mécontentement des citoyens dont le pouvoir d’achat baisse de jour en jour. Ainsi, à Aïn El Hammam, le ciment, cédé il y a un mois à un peu plus de mille dinars (1 000 DA) le quintal, est monté avant-hier (samedi) à mille quatre cents dinars (1 400 DA). «On ne sait pas ce qu’il en sera avec les prochains arrivages. Il se peut que d’autres augmentations aient lieu», nous prévient un revendeur de matériaux de construction dont le hangar se vide aussi rapidement qu’il se remplit, malgré ces coûts qui devraient rebuter plus d’un. Devant notre étonnement, il nous confie que «ce sont des entrepreneurs qui ne peuvent fermer leurs chantiers qui achètent tous les stocks». L’un d’eux, dépité se plaint de «s’en sortir difficilement, surtout que la main d’œuvre se fait de plus en plus rare et chère». Les mêmes augmentations affectent également le rond à béton qui, «il y a un mois, a connu une hausse brutale de plus de mille dinars, du jour au lendemain», précise notre interlocuteur qui explique que «les matériaux de construction suivent aussi la parité du dinar par rapport à l’euro». C’est ainsi que le fer de «diamètre 12», cédé à quatre mille huit cents dinars (4 800 DA) le quintal il y a peu, a atteint six mille dinars (6 000 DA), son prix de cession actuel, alors que «le diamètre 14» revient à six mille cinq cents dinars (6 500 DA) et le «diamètre 8» à six mille trois cents dinars le quintal. Les camionneurs, quant à eux, ne veulent pas se laisser distance montant le coût du sable lavé à vingt mille sept cents dinars (20 700) la charge d’un camion dit de «dix tonnes». La brique, quant à elle, maintient son prix à vingt trois dinars la pièce, lequel demeure inchangé depuis plusieurs années, «résultat de la concurrence», nous apprennent les revendeurs. Les spéculateurs, à l’affût, ne ratent pas l’occasion de décider d’augmenter les prix sans aucune raison autre que la leur. Bien avant ces hausses que les revendeurs justifient par la dégringolade de la valeur du dinar, les auto-constructeurs se plaignaient, déjà de ne pouvoir mener leur projet de construction d’une habitation à terme. Maintenant, il sera vraiment difficile aux bourses moyennes d’aspirer à une maison individuelle.

A. O. T.