Il n’est guère facile aux élèves habitant les villages enclavés, issus de la commune d’Ighil Ali, de suivre leur scolarité dans de bonnes conditions, car les moyens manquent cruellement. Comment est-il possible pour les élèves de suivre, convenablement, leur cursus scolaire, quand il manque le transport scolaire, les personnels éducatifs, les demi-pensions,… ? Toutes ces insuffisances influent négativement, bien évidemment, sur leur moral et leurs résultats à école. Les taux de déperdition scolaire dans cette commune rurale, située en zone montagneuse, est très important. Cela touche, surtout, les élèves habitant les villages lointains et isolés, à l’image de Tabouaânant, Tazla, El Kelaâ, Ath Sradj, Zina et bien d’autres. Déjà le trajet qui sépare les élèves de leurs établissements scolaires, situés au chef-lieu communal, est très contraignant pour eux! À l’APC d’Ighil Ali, on nous a brossé un tableau noir sur le secteur de l’éducation dans la commune. Il y manque presque tout! Nous citons, pêle-mêle, le ramassage scolaire, lequel enregistre un déficit flagrant en moyen de transport. Les bus scolaires sont très insuffisants pour acheminer vers les établissements scolaires des « contingents » entiers d’élèves. Résultat des courses: les apprenants, récupérés de tous les villages de la commune au terme de plusieurs rotations, s’entassent dans l’habitacle des bus, en manquant d’imploser! C’est pour cela que les autorités municipales et les parents d’élèves demandent à la wilaya de renforcer la commune en d’autres bus pour un ramassage scolaire optimal. Concernant les demi-pensions ou les cantines scolaires, celles-ci sont disponibles dans toutes les écoles sauf au C.E.M base 5 d’Ighil Ali et à l’école primaire du village d’Ath Sassi. À l’APC on nous assure que les choix de terrains ont été établis pour l’implantation de cantines dans ces établissements scolaires de, respectivement, 200 et 100 rations quotidiennes. Les autorités compétentes sont, ainsi, saisies pour que ces enfants scolarisés ne prennent plus des repas froids, faits de pain, de fromage ou de pâté (pour les mieux « nantis », hein!) en ces jours glaciaux d’hiver! Dans le même sillage, l’APC nous informe que les villages enclavés de Tabouaânant, El Kelaâ, Mouka et Boni souffrent de manque de structures scolaires. Les parents, en conséquence, endurent le martyre pour la scolarité de leurs enfants, car, chaque jour, ces derniers empruntent de longs trajets pour rejoindre leur école sise à Ighil Ali, la capitale des Ath Abbas. C’est pour leur faire éviter tant de souffrances, et les « extraire » au spectre de la déperdition scolaire, qui ne leur offre aucune chance pour un avenir radieux, que l’APC ainsi que les parents d’élèves des villages précités, demandent avec insistance à la wilaya de réaliser un groupe scolaire à Bouni, une localité à équidistance des villages précités, et ce, pour le bien de ces enfants qui endurent les pires conditions de vie!
Syphax Y.
