Dangereuse propagation de la drogue

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En dépit de la multiplication des actions policières contre la drogue, particulièrement dans la wilaya de Boumerdès, ce phénomène ne cesse de se propager dans la société.

Il n’y a ni campagne de dépistage, ni enquête pour avoir un pourcentage précis des consommateurs de drogue, mais l’opinion pense que cette matière nocive ne circule que trop librement, au quotidien, au niveau des différents quartiers. Un récent communiqué de la sûreté de wilaya fait état de la saisie, en 2015, d’environ cinq kg de résine de cannabis. Soit un peu plus du tiers de la quantité récupérée une année auparavant. Les rapports annuels de ces deux dernières années ont mentionné en outre, l’arrestation de plus de 250 personnes, dont la plupart ont été incarcérées. Ce n’est pas suffisant, loin s’en faut, pour rasséréner la population, notamment les parents d’élèves qui craignent de plus en plus l’influence des dealers sur leurs enfants. «La responsabilité de prémunir les enfants contre la consommation de la drogue incombe aux parents», professe une ancienne institutrice de français, au centre-ville de l’ex-Rocher Noir, en notant qu’aucun Etat au monde ne peut placer un policier ou un gendarme à chaque coin de rue, ce qui permet aux dealers de se mouvoir à leur guise. Ce point de vue est corroboré par un couple de parents qui nous disent surveiller les fréquentations de leur enfant en deuxième année secondaire : «Ce qui compte actuellement c’est de l’aider à arrêter définitivement la consommation de cette substance dangereuse», nous révèleront-ils, précisant que leur fils est actuellement suivi par une psychologue. Selon leurs témoignages, de nombreuses autres familles ont pris tardivement conscience de la dérive de leurs enfants scolarisés. Ne pouvant poser le problème directement aux responsables pédagogiques, certains parents nous avoueront se contenter d’appels téléphoniques anonymes aux instances sécuritaires concernées, pour que celles-ci renforcent leur présence autour des établissements scolaires.

Les dealers, tant à Boumerdès que dans d’autres régions du pays, semblent sévir partout. «Il y a quelques mois, près de la cité Kanaghaz, un lycéen a pu échapper in extremis aux policiers, en cachant la quantité de drogue qu’il détenait avant leur arrivée». «Dans les centres urbains de Réghaia et Bab Ezzouar, de nombreux universitaires et lycéens, des deux sexes, parmi eux des nouveaux revendeurs de hachich, disposent de relais leur permettant d’éviter les contrôles des services de sécurité», a-t-on encore signalé. Pratiquement aucun quartier n’est épargné par ces empoisonneurs qui ne cherchent que leur profit, y compris auprès des lycéens et collégiens, pour peu qu’ils soient faibles de personnalité. Ceux-ci ont l’illusion que la drogue serait une clé pour un  »mieux vivre », mais ils se retrouvent happés dans un engrenage infernal qui mène parfois à la mort

Salim Haddou

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