Azul+bikini = miss Kabylie ?

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Acteurs, témoins, figurants, marionnettes et marionnettistes s’agitent et convoquent sur les plateaux de TV les dessous des événements des années 90. Excellant dans l’art de la sémantique, la très innocente TV londonienne réchauffe du Haddam, Abassi et Benhadj, les absout, les angélise pour nous les refourguer sur le marché politique qui peine à élever le niveau. Pendant ce temps, une ado vaguement originaire d’At Rgad est élue miss kabylie. Elle est belle, belle et… c’est tout. Du plastique juste bon à faire la promotion du gazouz local, et du seroual loubia algérois, pour peu que cela ne soit pas exclu de la nouvelle constitution. Pour ce qui est de «belle et rebelle», il faut attendre la maturation de la môme. Elle finira, un jour peut être, par s’identifier à Tin Hinan, la reine dont elle porte le prénom, à Taous Amrouche, à Djamila Bouhired et à tant d’autres femmes qui ont porté la kabylité dans leurs tripes. En attendant, elle et les autres miss passées et à venir, ne sont responsables de rien.

Le Besace, lui qui ne délire qu’en «taghumit», ne l’entend pas de cette oreille : «elle ne parle pas kabyle, en plus elle s’appelle Tartag… c’est grave !… pouvoir assassin… pouvoir assassin… !». S’ensuivra un déversement de propos haineux signés par les ultras de facebook.

Après avoir digéré l’histoire miss Kabylie, Sadiya n l’Euro convoque Da Militant chez elle.

– Dis-moi, ça coûte cher l’entreprise Miss Kabylie ?

– Au départ, oui. Mais ça rapporte beaucoup. Pourquoi cette question… ne me dis pas que… ?

– Oui, tu as deviné.

– Mais na Sadiya, tu ne vas pas faire comme ce couple qui a singé Geneviève de Fontenay ! Cette histoire de Miss machin est un concept qui dévalorise la femme, la rabaisse et fait d’elle une femme-objet, dont on ne voit que le bikini et est prête à être emballée et vendue au plus offrant.

– Je sais tout ça. C’est pour contrecarrer cette grotesque entreprise que je compte lancer ma miss. Dis-moi seulement combien cela va me coûter et comment m’y prendre pour avoir les autorisations.

– Yerbeh ! Mais explique-moi comment contrecarrer.

– Déjà ma miss je l’appellerai «Lalla-s n tlawin». Elle concernera les femmes âgées entre 20 et 90 ans et elle n’intronisera que l’intelligence.

– Et les critères de sélection ?

– Deux seulement: avoir lu au moins 10 livres, dont au moins deux en kabyle, et avoir contribué d’une manière concrète dans le progrès n Tmurt.

– Comment ça ?

– Celles qui ont fait avancer les choses dans différents domaines n «tussna». Notre intelligence féminine est partout et dans tous les domaines. C’est cette intelligence i d «lalla-s n tullas».

T.O.A

t.ouldamar@yahoo.fr

PS/ «Les femmes préfèrent être belles plutôt qu’intelligentes parce que, chez les hommes, il y a beaucoup plus d’idiots que d’aveugles» yiwen akkeni

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