Les mères célibataires : statut infamant et détresse

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Longtemps, les mères célibataires ont été mal vu en Algérie : taxées de pécheresses, de marginales, voire de criminelles, elles étaient rejetées par leurs familles et la société. Dans certains cas, on procédait même en douce et avec la complicité du “groupe”, à leur élimination physique. L’honneur, “horma” ou “nnif”, l’imposait comme un devoir. Beaucoup, quand elles n’étaient pas mises à la porte par leurs proches, devaient s’enfuir pour sauver leur vie. Il est certain que ce tableau prévaut encore dans beaucoup de régions mais le regard de la société a quelque peu changé à l’égard de ces malheureuses, que de plus en plus de gens voient comme des victimes. En tout cas, le regard des autorités à l’égard de cette catégorie de personnes a bien changé ! On peut le constater à travers les déclarations de responsables et des mesures prises. C’est ainsi que lors de sa récente visite à la pouponnière des enfants abandonnés de Boukhalfa, dans la wilaya de Tizi Ouzou, le ministre de la Solidarité nationale a exprimé sa satisfaction en apprenant que des mères célibataires avaient récupéré leurs enfants, il a aussi promis des aides financières pour celles qui le font. Les mères célibataires font en fait partie des personnes vulnérables qui ont besoin d’aide et de protection, au même titre que les enfants abandonnés. Dans la plupart des cas, elles ont été victimes de violences et de sévices sexuels de la part de proches ou d’étrangers, ce qui nécessite une prise en charge psychologique et affective que très peu de femmes, hélas, reçoivent. Il est temps de prévoir des structures pour elles, pour mettre fin à un statut infamant et une détresse qui n’a que trop duré !

S. Aït Larba

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