Lancés depuis déjà plusieurs mois à l’entrée du village de Tighilt Oukerrouche, à la seule initiative des jeunes, la construction d’une pièce spacieuse a vu se réaliser, vendredi passé, son opération de dallage à l’occasion d’un volontariat.
«Nous, les jeunes du village de Tighilt Oukerrouche, avions pris l’initiative de ressusciter ce que fut El Djamaa N’Tadarth de nos aïeux, qui n’était pas vraiment une mosquée dans le sens religieux, c’est-à-dire un lieu de prières. Mais c’était plutôt, comme nous l’avait expliqué nos parents, un asile pour ceux qui passaient par là des mendiants, des colporteurs qui attendaient là sans s’approcher des habitations pour recevoir de l’aide qui était assurée, et c’est également parce que c’est à cette entrée de notre village que passait le principal chemin de toute la région qui n’est autre maintenant que le CW107», nous explique l’un des jeunes, de surcroit universitaire, tout en ajoutant que c’est une grande chance pour eux d’avoir pu découvrir leur histoire ou du moins une grande partie.
«Il est vrai que c’est très rare de trouver, non seulement en Kabylie mais dans toute l’Algérie, des villages qui connaissent leur histoire et c’est une chance pour nous, qui avons fait des études et des recherches que nous avions remonté avec des documents à l’appui, des anciennes cartes notre histoire, du moins jusqu’à l’arrivée des turcs», ajoute notre jeune interlocuteur. Intervenant à son tour, un autre jeune n’hésitera pas à nous déclarer qu’il avait été toujours intrigué par ce qu’on appelait «El Djamaa N’Tadarth» et qui fut détruit par l’armée coloniale en 1958, après avoir fait évacuer tous les villageois alors que ne subsistent que les traces des fondations, dans le cimetière. «Notre village, bien avant la révolution, il y avait El Djamaa mais comme école coranique dotée d’un logement de l’enseignant qui était recruté de loin, mais le village ne disposait pas d’une mosquée pour les prières. Donc, cette pièce ou ce qu’on appelait El Djamaa N’Tadarth était plus destiné aux étrangers pour sauvegarder l’intimité de nos familles des étrangers et c’est, d’ailleurs, pour cette raison que nos anciens, en 1948 ou 1949, s’étaient opposés au tracé de cette route ‘CW107’qui devait traverser notre village, alors que maintenant tout le monde cherche à se rapprocher le plus près possible des chaussées», nous explique donc notre interlocuteur, tout en ajoutant que tous les jeunes du village ont à cœur de réaliser une maison familiale avec toutes les commodités. «Comme pour ce projet que nous avions entrepris sans l’aval des anciens mais qui ont, en voyant notre obstination, contribué largement à sa réalisation, nous pensons qu’ils feront de même en lançant la construction de cette maison familiale, sinon nous solliciterons les pouvoirs publics pour avoir un foyer pour jeunes», termine notre interlocuteur.
Essaid Mouas

