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Pagaille sur la RN75

Réclamant un meilleur cadre de vie, notamment le bitumage des routes et des rues menant à leurs habitations, des citoyens de la localité de Merdj-Ouamane, dans la commune d’Amizour, ont procédé, hier matin, à la fermeture de la RN75, cet axe important qui relie Béjaïa à Sétif en passant par plusieurs communes dont, entres autres, Amizour, Barbacha et Kendira.

Leur action, si légitime soit-elle, a pénalisé de nombreux automobilistes qui n’ont pas pu ainsi joindre leurs lieux de destinations. Les véhicules bloqués ont formé des bouchons immenses et un désordre indescriptible dans les deux sens de la circulation. Parmi les conducteurs et leurs passagers, si la plupart se rendaient seulement à leurs lieux de travail quotidien, il y en a aussi sans doute qui évacuent des malades de toute urgence à l’hôpital de Béjaïa ou d’Amizour, peut-être que dans les files de véhicules, il y a des ambulances en partance pour Sétif ou Alger, des automobilistes qui se déplacent pour des affaires d’extrême importance ou qui doivent prendre l’avion pour des voyages à l’étranger. Mais les protestataires tiennent-ils compte de tous ces cas ? Aménagent-ils un passage même sur l’accotement pour les cas urgents ou dignes d’intérêt ? Ce qui les intéresse avant tout, c’est surtout de créer le maximum de désordre dans la circulation pour que les autorités concernées viennent entamer les négociations avec eux. C’est-à-dire pour les uns débloquer la circulation, pour les autres donner des promesses. Bloquer les routes, fermer les sièges des APC et autres administrations est devenu par la force des choses peut-être le seul moyen pour les habitants des communes de la wilaya de Béjaïa de communiquer avec les autorités. Les lettres sont devenues si obsolètes que personne ne prend la peine de les écrire pour faire part des problèmes des citoyens aux autorités, et même si elles sont écrites et envoyées aux autorités, celles-ci prendront-elles la peine de les lire et de les prendre en considérations ? C’est vrai que les APC et pratiquement toutes les administrations publiques aménagent toujours un ou deux jours par semaine pour la réception des citoyens ou des associations qui les représentent. Mais vu le peu de moyens dont disposent les APC, ces entretiens restent souvent formels ou se soldent parfois par de vagues promesses de satisfaire les doléances des associations. Et quand ces promesses ne sont pas satisfaites dans des délais raisonnables, des citoyens passent à des actions plus musclées.

B. Mouhoub

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